Travailleur humanitaire, un beau métier difficile | International | DW | 19.08.2021
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International

Travailleur humanitaire, un beau métier difficile

Le 19 août c'est la Journée internationale des travailleurs humanitaires, ces personnes qui partent souvent à l'étranger pour aider d'autres personnes.

A bord du Sea-Watch 4, navire qui vient en aide aux réfugiés

A bord du Sea-Watch 4, navire qui vient en aide aux réfugiés

Le 19 août marque la Journée internationale des travailleurs humanitaires. Ce travail est souvent compliqué, dangereux et parfois frustrant.

Les besoins sont énormes. Le Bureau des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) estime qu'en 2021, plus de 235 millions de personnes ont besoin d'assistance ou de protection dans le monde, soit une personne sur 33. Des chiffres en forte hausse en comparaison de l'année dernière.

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Pour venir en aide à ces personnes en détresse ou dans le besoin, les travailleurs humanitaires doivent pouvoir les accompagner, mais aussi savoir observer, écouter.

Distribution de nourriture dans un bidonville de Nairobi, en temps de corona

Distribution de nourriture dans un bidonville de Nairobi, en temps de corona

Faute de disposer des financements nécessaires pour aider tout le monde, les structures doivent établir des priorités. Vincent Cochetel, du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) explique qu'"il ne faut pas partir avec des schémas préétablis, dire "les gens ont besoin de ceci, ils ont besoin de cela", il faut les associer aux décisions."

>>> Lire aussi : Nombre record de réfugiés malgré la pandémie en 2020

Par le passé, des scandales de détournements de fonds (comme l'affaire de l'ONUSIDA au Mali) ou d'actes relevant de la justice commis par des humanitaires (comme les activités de l'ONG Arche de Zoé au Tchad) ont entaché par endroits le travail de ceux qui continuent de vouloir aider. 

MSF opère aussi dans un hôtpital de Bambari (RCA)

MSF opère aussi dans un hôtpital de Bambari (RCA)

Des dangers rééls

Les travailleurs humanitaires sont par ailleurs confrontés à des situations d'une violence extrême et ils sont parfois mis eux-mêmes en danger. En 2020, 475 travailleurs humanitaires ont été attaqués (108 tués, 242 blessés et 125 kidnappés).

>>> Lire aussi : MSF déplore le décès de l'un de ses membres en Centrafrique

Dorian Job dirige les actions de Médecins sans frontières en Afrique de l'ouest et centrale. Il explique que "généralement, quand on travaille dans certaines zones, on essaie d'avoir une bonne acceptance pour pouvoir travailler."

Il concède que les relations avec les autorités ne sont pas toujours simples, notamment en zone de conflit armé. Parce que les humanitaires se doivent de rester neutres :

"Pour nous, un patient, c'est un patient, dit-il. Une femme et un enfant, c'est avant tout une femme et un enfant, avant d'être une personne d'un camp ou d'un autre. Donc c'est pour ça que des fois il y a un conflit – moi, je suis médecin de formation - entre le droit des patients à être soignés, parfois reconnu par les lois du pays, et les lois antiterroristes qui priment sur ces lois qui donneraient accès aux patients [...] Maintenant, avec les lois antiterroristes, c'est beaucoup plus compliqué."

Début août, Médecins sans frontières a décidé de retirer ses équipes du Nord-Ouest camerounais, après plusieurs mois de suspension par les autorités.

"La ligne rouge, explique Dorian Job, c'est quand nous devenons potentiellement des cibles [...] L'objectif, ce sont bien sûr les bénéficiaires, mais nous ne voulons pas mettre en danger les personnes qui travaillent pour [notre structure]."

Des humanitaires aident à déblayer des décombres à Gaza

Des humanitaires aident à déblayer des décombres à Gaza

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Rester optimiste

Le travail humanitaire est une tâche sans fin. Alors comment ne pas baisser les bras ? Pour Vincent Cochetel, même une seule vie sauvée, c'est déjà ça. 

"On a la responsabilité d'essayer de faire quelque chose. On n'y arrive pas toujours. Mais pour moi, quand une famille, un individu, un groupe de personnes peut être sauvé et qu'on a les moyens de le faire, ça me motive pour continuer. Malheureusement, il y a des gens pour lesquels on ne peut rien faire, soit parce qu'on n'a pas accès [à eux], soit parce qu'on n'a pas eu l'information à temps, et malheureusement on laisse beaucoup de gens derrière qu'on n'a pas pu protéger comme on aurait dû le faire, mais il ne faut pas que ça nous décourage. Il faut continuer."

Une pugnacité nécessaire pour garder son équilibre psychologique, et partagée par Dorian Job de MSF qui s'exclame : "On trouve toujours de nouvelles motivations à trouver de nouvelles solutions dans de nouveaux contextes [...] Tout dépend si on voit le verre à moitié vide ou à moitié plein!"