Guinée: vers la victoire du Oui, contestée par l’opposition
23 septembre 2025
Environ six millions et demi d'électeurs étaient appelés à se prononcer sur un projet de Constitution qui remplacerait la Charte de la transition, en vigueur depuis le coup d'État militaire de 2021.
Selon la directrice générale des élections de Guinée, Djénebou Touré, le taux de participation aurait dépassé 91 % sur plus de 80 % des bureaux de vote dépouillés.
L'opposition, qui a appelé au boycott de ce scrutin, parle d'une mascarade électorale. Dans un message, ce mardi, sur les réseaux sociaux,l'opposant Cellou Dalein Diallo a affirmé qu' "il n'y avait pas eu vote", dimanche dernier en Guinée.
"Je félicite les Guinéens qui ont répondu à l'unisson à l'appel des forces vives, en refusant de s'associer à cette mascarade référendaire qui contribue à un nouveau coup d'Etat contre la démocratie et la souveraineté populaire. Chacun aura pu constater, par lui-même, qu'il n'y a eu ni adhésion, ni complicité avec l'imposture", a déclaré Cellou Diallo.
Malgré l'appel au boycott de l'opposition, dont les principaux partis ont été suspendus par le pouvoir militaire, des files d'attente ont été observées dans plusieurs quartiers de Conakry. Cependant, la participation reste contrastée en province.
"Une sorte de désaveu total infligé par la population"
Pour Mohamed Barry, membre du Collectif de l'éveil de conscience, une plateforme du soutien au pouvoir militaire, cet engouement, constaté, selon lui, le jour du vote et à travers les résultats partiels, est un désaveu de l'opposition.
"Ils avaient appelé au boycott, le boycott ne s'est pas matérialisé. Pour moi, c'est une sorte de désaveu total infligé par la population guinéenne à ces renards politiques qui ont été à la base de beaucoup d'anomalies auxquelles le pays fait face aujourd'hui. Et je me dis que le réveil de conscience est en train de prendre place", a affirmé Barry.
La campagne en faveur du Oui a dominé l'espace public, à coups d'affiches et de rassemblements à la gloire du général Mamadi Doumbouya.
La voix du Non, elle, est restée presque inaudible, étouffée par les restrictions contre les libertés et même une coupure partielle d'internet, dénoncée par des organisations de la société civile.
Si le texte de la nouvelle Constitution est adopté, il n'interdira plus aux militaires de se présenter à une élection, contrairement aux promesses initiales. De quoi nourrir les soupçons d'une future candidature du président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, aujourd'hui âgé de quarante ans.