Faux médicaments : une filière qui enrichit plus que la drogue | Afrique | DW | 13.03.2018
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Afrique

Faux médicaments : une filière qui enrichit plus que la drogue

Au Bénin, le tribunal de Cotonou a condamné cinq patrons de compagnies pharmaceutiques à quatre ans de prison ferme et à des amendes. Ils sont en lien avec un trafic de faux médicaments, un mal qui ronge l'Afrique.

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Bernard Leroy : "Les faux médicaments rapportent dix à vingt fois plus que la drogue''

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que sept médicaments sur dix sont contrefaits en Afrique et que ce trafic coûte la vie à 100.000 personnes chaque année.

Les faux médicaments constituent un problème très grave qui tue plus de sept cent mille personnes par an dans le monde. Un phénomène qui touche en grande partie les populations les plus démunies du globe, notamment en Afrique, selon Bernard Leroy, directeur de l'Institut de recherche anti-contrefaçon de médicaments (IRACM).

"En Afrique, 70% des médicaments sont des faux médicaments ou des médicaments qui sont des sous-standards c'est-à-dire qui sans être faux ont des caractéristiques qui ne correspondent pas tout à fait à ce qui est nécessaire pour qu'ils soient efficaces", soutient le spécialiste Bernard Leroy. 

Il s'alarme par ailleurs, que "le crime organisé passe de plus en plus de la drogue aux faux médicaments, parce que ça rapporte beaucoup plus. Dix à vingt fois plus que la drogue et c'est beaucoup moins puni."

Manque de volonté politique

Dans beaucoup de pays, la filière du trafic de faux médicaments profite d'un vide juridique total. La plupart des pays africains, comme dans le reste du monde d'ailleurs, ne disposent pas d'une législation spécifique pour le trafic de faux médicaments.

Seuls quelques rares pays africains ont signé la Convention internationale Médicrime contre la fabrication et la distribution de faux produits médicaux : le Maroc, la Guinée et le Burkina Faso. La Côte d'Ivoire vient juste d'adhérer à cette convention.

Ibrahim Thiam, enseignant à Conakry explique qu'en Guinée,"un service spécialisé qui est même attaché à la présidence de la République est train d'engager une lutte acharnée contre l'importation de faux médicaments". 

Pénurie chronique de médicaments

Les responsables politiques hésitent donc à retirer du marché les médicaments contrefaits car cela mettrait en lumière la carence de médicaments sur le marché. Bernard Leroy rentre d'une tournée internationale où il a rencontré des populations qui lui ont fait part de leurs préoccupations.

 "Ils m'ont dit : vous savez nous ne sommes pas riches donc on achète ce qu'on peut acheter avec nos moyens financiers" témoigne-t-il au micro de la Deutsche Welle, dénonçant une "combinaison de facteurs en rapport avec la pauvreté et également avec le fait que les gouvernements dans ces pays-là, estiment qu'ils ont d'autres chats à fouetter et que ce n'est pas une priorité."

Des saisies

En juin dernier, l'Organisation mondiale des douanes a saisi 126 millions de médicaments contrefaits lors d'une opération conjointe conduite dans seize ports africains. Interpol de son côté a annoncé le 25 septembre 2017, une saisie record de 25 millions de médicaments contrefaits vendus sur internet lors d'une opération menée dans 123 pays.

En République démocratique du Congo où l'opération avait lieu pour la première fois, près de 650 kilos de comprimés antipaludiques illicites avaient été confisqués par les autorités.

 

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