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En RDC, les civils pris au piège des combats à Fizi

7 juillet 2026

Les combats s'intensifient dans le territoire de Fizi dans le Sud-Kivu. Entre avancées militaires revendiquées et accusations croisées, les civils vivent dans la peur d'une escalade du conflit.

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Symbolbild Weltbevölkerungsbericht Frauen
Image : Alexis Huguet/AFP/Getty Images

Les affrontements ont lieu dans les hauts et moyens plateaux du territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo. Ils opposent la coalition rebelle AFC/M23-Twirwaneho, soutenue par l'armée rwandaise selon Kinshasa, à la coalition des FARDC-Wazalendo, appuyée par l'armée burundaise.

Alors que les deux camps revendiquent des avancées militaires, la population s'inquiète surtout de la forte militarisation de Baraka et de Fizi-Centre, deux localités stratégiques où le quotidien est de plus en plus perturbé.

Une zone stratégique au cœur des affrontements

Sur le terrain, les rebelles affirment avoir progressé du village de Mulima jusqu'au secteur de "Point Zéro", en direction de Mukera. Une version démentie par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), qui assurent au contraire avoir repris plusieurs localités et repoussé les combattants plus au sud.

Au-delà de cette bataille des communiqués, l'enjeu est aussi stratégique. Située sur les rives du lac Tanganyika, Baraka constitue le principal centre administratif du territoire de Fizi. La ville assure la liaison entre le territoire d'Uvira, au nord, et la province du Tanganyika, au sud.

Depuis l'attaque d'Uvira par les rebelles de l'AFC/M23 puis leur repli vers le nord, Baraka est devenue un point névralgique pour l'approvisionnement civil et militaire. Son aérodrome et ses ports permettent le transport de renforts sur le lac Tanganyika, tandis que Fizi-Centre représente un axe de pénétration vers les Hauts-Plateaux de Minembwe ainsi que vers les provinces du Maniema et du Tanganyika.

RDC Bijombo | Des soldats congolais | Sud-Kivu
L'armée congolaise affronte une coalition de milices alliées au M23 avec l'appui des soldats burundais dans les plateaux du Sud-Kivu, selon des sources militaires burundaises, sans effectuer de percée significative. Image : Alexis Huguet/AFP/Getty Images

Des habitants gagnés par la peur

Dans cette région sous contrôle gouvernemental, les habitants vivent désormais au rythme des tirs et des explosions. Les coups de feu entendus presque chaque soir ont semé la panique. Les commerces n'ouvrent plus qu'aux alentours de 9 heures et ferment dès 17 heures.

"Les militaires sont nombreux dans la ville, ils proviennent des montagnes jusqu'ici. Chaque soir, les activités s'interrompent brusquement. Des balles crépitent dans tous les sens... Récemment, une bombe larguée par un drone a blessé des gens. Nous vivons dans l'insécurité et cela nous inquiète, mais nous croyons que notre gouvernement va trouver une solution", a décrit Justin, un habitant de Fizi.

L'armée promet de rétablir son contrôle

Face à cette dégradation sécuritaire, les FARDC affirment avoir lancé une offensive pour reprendre les villages passés sous contrôle rebelle dans les hauts plateaux de Fizi, d'Uvira et de Mwenga. Une région particulièrement difficile d'accès, où les réseaux de télécommunications restent très limités.

"Aux populations de Fizi, Mwenga, Uvira et de l'ensemble du Sud-Kivu, les Forces armées de la République démocratique du Congo adressent un message de confiance et de sérénité. Nous vous rassurons que toutes les dispositions opérationnelles sont prises pour assurer votre protection, poursuivre la reconquête et restaurer progressivement l'autorité de l'État sur chaque position du territoire national", a rassuré, le lieutenant Reagan Mbuyi Kalonji, porte-parole de l'opération Sukola 2 Sud-Sud-Kivu.

RDC – Bijombo, province du Sud-Kivu : Le général de l'armée congolaise Philemon Yav (2e à droite) passe les troupes en revue lors d'une visite officielle à Bijombo, dans la province du Sud-Kivu, dans l'est de la RDC en octobre 2020. (Archives)
RDC – Bijombo, province du Sud-Kivu : Le général de l'armée congolaise Philemon Yav (2e à droite) passe les troupes en revue lors d'une visite officielle à Bijombo, dans la province du Sud-Kivu, dans l'est de la RDC en octobre 2020. (Archives)Image : Alexis Huguet/AFP/Getty Images

Les défenseurs des droits humains sous pression

Les organisations de la société civile dénoncent toutefois un climat d'intimidation grandissant. Selon plusieurs défenseurs des droits humains, certains militants sont victimes d'arrestations arbitraires, de séquestrations ou encore d'enlèvements.

L'un d'eux, qui s'exprime sous couvert d'anonymat, affirme : "Les défenseurs des droits humains subissent des menaces de mort, des arrestations arbitraires et plusieurs formes d'intimidation. Ils sont souvent assimilés aux alliés des rebelles du mouvement AFC/M23. Nous demandons aux autorités congolaises de garantir notre sécurité et de cesser toute forme d'intimidation à notre égard, car nous ne sommes pas partie prenante au conflit armé."

Sur le terrain, les combats se poursuivent sans qu'aucun camp ne prenne un avantage décisif. L'AFC/M23-Twirwaneho et les FARDC, appuyées par les Wazalendo, continuent de s'accuser mutuellement de bombarder au moyen de drones des villages densément peuplés dans la région de Minembwe.

Pendant que les affrontements se prolongent, les habitants de Fizi et de Baraka redoutent une nouvelle détérioration de la situation sécuritaire et appellent à un retour durable de la paix.