Enlèvement de 39 personnes au Niger : deux ans après, aucune nouvelle | Afrique | DW | 02.07.2019
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Afrique

Enlèvement de 39 personnes au Niger : deux ans après, aucune nouvelle

Il y a deux ans, 33 femmes et 6 enfants sont enlevés à Ngalewa dans la région de Diffa par des élements de Boko Haram. Cette attaque a marqué le pays car elle constitue le premier enlèvement de masse au Niger.

Sur les 39 personnes enlevées, 35 avaient moins de 20 ans le jour de leur enlèvement, le 2 juillet 2017.

Deux ans après, très peu d’informations sont accessibles et les autorités communiquent peu sur le sujet.

Mara Mamadou est le coordonnateur de l’association Alternative espace citoyen de Diffa. Il est également membre du collectif d'activistes qui mène une campagne de mobilisation en faveur de ces jeunes femmes et enfants enlevés, via le hashtag #jesuisngalewa. Il dénonce le manque de mobilisation des autorités nigériennes pour les retrouver.

"Aucune action. On nous dit que ce sont des actions militaires qui ne doivent pas être dévoilées. Mais il faut qu’il y ait quand même des preuves, des traces que nous citoyens allons voir ou des comptes rendus que des choses sont en train d’être faites. Mais il n'y a rien qui prouve tout ça. Il y a eu après leur captivité beaucoup de libérations avec rançons mais pourquoi pas ces femmes et ces enfants de Ngalewa?", s'interroge l'activiste. 

 

L'inactivité des autorités nigeriénnes

Pour Mara Mamadou, "la volonté de l’Etat nigérien est mince." Il dénonce le silence autour de cet enlèvement  : "Aucun tapage, même médiatique, ne se fait. Il faut noter aussi que dans la région de Diffa, une centaine d’ONG et de projets interviennent et beaucoup d’entre eux sont dans la défense des droits des femmes et des enfants et malheureusement on ne les voit pas sur ce terrain de la libération ou de la dénonciation. Nous n’avons même pas entendu une simple déclaration de principes."

Le coordonnateur d'Alternative espace citoyen regrette le silence autour de l’enlèvement de ces 33 femmes et 6 garçons, à l'inverse des filles de Chibock au Nigeria, où des premières dames du monde entier s'étaient engagées dans la campagne Bring back our girls. 

La douleur des familles

En attendant, les familles des victimes sont dans le désarroi même si certaines ont des preuves que leurs proches sont encore en vie.

Ce que confirme le maire de Kabalewa, commune dont dépend le village de Ngalewa, Abari El Hadj Daouda. 

"Deux ans après les enlèvements, nous sommes au point de départ puisqu’il n’y a pas grand-chose qui a été fait. Tout ce qu’on a comme information c’est qu’elles sont encore en vie d’après les dernières nouvelles. Ces nouvelles ne sont pas de sources officielles mais de leurs proches. Car il y a certaines filles enlevées qui arrivent à appeler leurs parents."

La région de Diffa est confrontée de plus en plus aux rapts de civils, dont la plupart sont relâchés après le versement d'une rançon. 

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