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Présidentielle au Bénin : les enjeux sécuritaires

Mahamadou Saley
10 avril 2026

Romuald Wadagni, le candidat de la continuité à la présidentielle de dimanche, mise sur une coopération régionale contre le terrorisme.

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Deux soldats et un homme sur une moto sur une route de campagne.
Le Bénin subit des attaques terroristes depuis décembre 2021. Image : Marco Simoncelli/DW

Le nord du Bénin fait face à une montée des attaques djihadistes, que les autorités attribuent à des groupes armés opérant depuis les pays sahéliens voisins, notamment le Burkina Faso et le Niger.

Face à cela, le discours officiel béninois insiste régulièrement sur la perméabilité des frontières et sur la nécessité de renforcer la coopération régionale, afin de freiner la progression de la menace vers les pays du littoral.

Dans ce contexte, la sécurisation des frontières s’impose comme un enjeu majeur de l’élection présidentielle de 2026. 

Apaiser les tensions avec l’AES

Romuald Wadagni, adoubé par le président sortant Patrice Talon et grand favori du scrutin du 12 avril, s’inscrit dans ces discussions liées aux défis sécuritaires.

Au cours de la campagne, le candidat du parti au pouvoir a affirmé sa volonté de se tourner vers les pays voisins, avec lesquels le Bénin partage des frontières, afin de renforcer une synergie d’action dans la lutte contre le terrorisme.

Pour l’analyste béninois Arnauld Kassouin, journaliste et spécialiste des mouvements terroristes en Afrique de l’Ouest et au Sahel central, cette question sécuritaire influence le scrutin. Pour lui “Les questions de sécurité peuvent influencer le choix des électeurs béninois au regard de la gestion des faits terroristes par l'acteur légitime du monopole de la violence, c'est-à-dire l'État.”  Il précise aussi que c’est un élément “à prendre en compte dans l'analyse des politiques pouvant influencer le choix des électeurs béninois en 2026, ou plus tard.”

Des affiches électorales de Paul Hounkpè et Romuald Wadagni à Cotonou.
Le terrorisme au Bénin force les acteurs politiques à se positionner sur la sécurisation du pays.Image : Séraphin Zounyekpe/DW

En réaffirmant son engagement à collaborer avec les pays frontaliers, notamment ceux de l’AES, le candidat Romuald Wadagni estime répondre aux attentes des populations béninoises confrontées à la menace terroriste.

Selon toujours Arnauld Kassouin, cette coopération régionale apparaît aujourd’hui comme une nécessité. Et que “Les États doivent également faire le jeu de l'ennemi, c'est-à-dire mettre de côté nos divergences et travailler sur ce qui nous réunit.” Pour sa part, “sans coopération renforcée et franche entre nos États, nous ne faisons que ralentir le projet de destruction de nos systèmes étatiques.”

Personne n'est épargné par le terrorisme

Du côté du Niger, Nouhou Jangorzo, enseignant-chercheur, estime qu’il s’agit d’une décision judicieuse prise par le candidat Romuald Wadagni.

Pour l’enseignant chercheur dés “Au début, c'est le Niger, le Burkina et le Mali qui sont concernés, mais aujourd'hui, avec le temps, on voit que le Togo, le Bénin, la Côte d'Ivoire, tous ces pays-là ne sont pas épargnés.  Donc, c'est ce qui donne véritablement raison à nos autorités de l'AES, qui montre qu’il faut une solidarité, il faut une union globale pour combattre le problème de la sécurité.”

Romuald Wadagni a toutefois déclaré, lors d’une rencontre avec ses partisans de la diaspora, à Paris, le 5 avril dernier, que le Bénin est attaqué en raison de l’infiltration de groupes terroristes à travers des frontières insuffisamment surveillées sur le plan militaire. Le fait de pointer du doigt l’inefficacité des pays frontaliers pourrait donc fragiliser cette dynamique et compromettre l’initiative, avant même sa mise en œuvre.

Mahamadou Saley Correspondant DW Maradi