En Guinée des ONG dénoncent la recrudescence des viols sur mineures | Afrique | DW | 07.03.2019
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8 mars, journée internationale des femmes

En Guinée des ONG dénoncent la recrudescence des viols sur mineures

En deux mois, une centaines de viols ont ainsi été enregistrés. Les autorités policières affirment pour leur part que tous les dossiers sont instruits, même en cas de retrait de la plainte.

Écouter l'audio 02:07

"Dans la semaine on a trois ou quatre cas de viol sur des jeunes filles" (Saran Traore, membre du Cercle des jeunes filles de Guinée)

Le viol de filles mineures est devenu un fait de société très préoccupant en Guinée. Face à cela, des organisations non gouvernementales de défense des femmes viennent en aide aux victimes de viols.

C’est le cas du Cercle des jeunes filles battantes de Guinée qui reçoit plusieurs victimes par semaine. C'est ce qu'explique Saran Traore, membre de cette structure. "Dans la semaine on a trois ou quatre cas de viol sur des jeunes filles. Une fois qu’on est informé, on va dans la famille de la victime. On essaye de communiquer avec la victime et la famille. On prend la victime, on l’envoi à L’OPROGEM (Office de protection du genre et des mœurs, ndlr) et ensuite à l’hôpital. Cela n’est pas facile avec les parents. Nous avons souvent des parents qui refusent de porter plainte parce que quand on dit que la fille a été violée, elle n’aura pas de mari. Ou bien ils refusent de porter plainte pour la dignité de la famille," conclut Madame Traore.

Des viols en constante augmentation

Pour Marie Gomez, directrice générale adjointe de l'Office de protection de genre et des mœurs, le désistement des parents n’éteint toutefois pas la procédure pénale.  Celle-ci déplore par ailleurs le fait que le chiffre des viols ait augmenté de manière dramatique ces dernières années.

Äquatorial Guinea Sraße in Malabo (AP)

Maria Gomez précise enfin qu'une centaine de cas ont été enregistrés depuis le début de l’année par sa direction et déférés auprès des  tribunaux de la capitale guinéenne. "Comparativement aux années précédentes, le chiffre est très élevé. Cette année il y a eu 119 dont 116 ont été déférés devant nos tribunaux. A notre grande surprise, c’est souvent la plaignante ou la maman qui viennent nous voir avec des lettres de désistements que j’ai ici dans ces dossiers. Mais chez nous, l’action publique ne s’éteint pas. L’action publique étant déclenchée, nous n’arrêtons pas la marche du train, nous continuons la procédure et nous envoyons le dossier devant le tribunal compétent," conclut-elle.

Interrogé sur les procès pour viols en cascade à Conakry, les procureurs de la république des trois tribunaux  n’ont pas voulu s’exprimer à nos micros. Mais ils ont  malgré tout confirmé que plusieurs dossiers de viols ont été jugés ces dernières semaines.

De manière assez étonnante, ils réclament par ailleurs aux ONG de renforcer les sensibilisations auprès des parents, afin que ceux-ci – comme s’ils étaient responsables – surveillent mieux leurs filles.

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