En Afrique du Sud, l'inquiétude de la diaspora congolaise
1 juillet 2026
Après les manifestations de ce mardi 30 juin contre les migrants en situation irrégulière, qu'ils accusent de prendre leurs emplois et de favoriser la criminalité, les militants du mouvement March and March , auquel s'est joint la mouvance d'extrême droite Operation Dudula, envisagent d'organiser des marches similaires chaque jeudi.
Un climat de peur
La diaspora congolaise figure parmi les plus importantes communautés africaines en Afrique du Sud. En 2024, elle était estimée entre 240 000 et 300 000 personnes. Mais avec les événements actuels et les violences xénophobes, ceux-ci font désormais face à des lendemains incertains.
"La peur est vraiment palpable partout. Aujourd'hui, la communauté vit la peur au ventre" explique cet habitant de Johannesburg, qui préfère conserver son anonymat. Selon lui "beaucoup de gens restent enfermés chez eux. On n'ose plus aller au travail, on n'ouvre plus les petits commerces, on craint pour nos enfants. On vit au ralenti, dans l'angoisse permanente de ce qui pourrait arriver au prochain coin de rue."
Un besoin d'aide
Après que quatre Congolais ont été victimes d'agressions physiques en Afrique du Sud, lors d'attaques xénophobes, en avril dernier, Thérèse Kayikwamba Wagner, la ministre congolaise des Affaires étrangères, avait promis, devant l'Assemblée nationale, que le gouvernement congolais s'emploierait à protéger ses ressortissants dans ce pays.
Avec ces manifestations désormais programmées chaque jeudi, les étrangers se sentent en danger. Certains des Congolais vivant en Afrique du Sud demandent donc aux autorités congolaises de faciliter leur retour en RDC.
Ils demandent aussi au gouvernement sud-africain de veiller à leur protection.
"Que le gouvernement sud-africain puisse reconnaître qu'il y a des étrangers dans ce pays qui ne sont pas tous illégaux" rappelle le docteur Emmanuel Mwine médecin dans un hôpital de Johannesburg qui assure avoir la nationalité sud-africaine. Malgré cette nationalité, selon lui on lui demande de partir . "Ils ne veulent pas voir dans leur pays des étrangers noirs. Ce que notre gouvernement peut faire pour nous, c'est de nous donner des opportunités de rentrer au Congo. Il y a des milliers de Congolais ingénieurs, des médecins, toutes les professions confondues qui peuvent rentrer chez nous" estime-t-il.
En Afrique du Sud, cette haine qui vise les étrangers est en grande partie liée au taux de chômage élevé, aux inégalités sociales et aux frustrations économiques. Les étrangers joueraient alors le rôle de boucs émissaires pour une partie déshéritée de la population sud-africaine.