L’Afrique de l’Ouest divisée au sujet de l’Eco | Afrique | DW | 28.05.2021
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Afrique

L’Afrique de l’Ouest divisée au sujet de l’Eco

Les états généraux de l’Eco s’achèvent ce vendredi à Lomé. Le colloque se tient dans un contexte marqué par les divisions des pays d’Afrique de l’Ouest.

La rencontre de Lomé vise à proposer une feuille de route pour la création de cette future monnaie de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Les présidents français Emmanuel Macron et ivoirien Alassane Ouattara avaient annoncé le 21 décembre 2019 à Abidjan le remplacement du franc CFA par une nouvelle monnaie, l’Eco.

Les explications de notre correspondant à Lomé

Mais le souci principal est que plusieurs pays ouest-africains, dont le Nigeria, première puissance économique du continent, ne souhaite pas adhérer à cette nouvelle monnaie.

Pourtant, les spécialistes de la question monétaire reconnaissent qu’une unicité d’action aidera à aboutir à une monnaie unique. C'est le cas de l'ancien Premier ministre du Bénin. Lionel Zinsou estime qu'il est impératif que les pays ouest-africains mutualisent leurs efforts dans ce sens. 

L'ancien Premier ministre du Bénin, Lionel Zinsou

L'ancien Premier ministre du Bénin, Lionel Zinsou

"Il faut arriver à le faire le plus possible ensemble. Il y a les huit pays de l’UEMOA (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo, ndlr) qui ont décidé de bouger les premiers et cela a créé des controverses. Il faudra un jour ou l’autre que les plus proches rentrent dans le système, que le système soit accueillant vis-à-vis du Cap Vert, de la Guinée, du Ghana. Puis se posera un jour la question d’avoir une monnaie commune avec le Nigeria. C’est un tout petit peu plus compliqué parce que le Nigeria est plus important que tous les autres", estime M. Zinsou,

De son côté, l’économiste togolais Kako Nouboukpo note que l’Eco annoncé par les président français et ivoirien concerne pour l’instant seulement les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Mais selon lui, Il faudra que l’ensemble des pays de la région se fixent un objectif clair pour aller vers une monnaie vraiment unique.

L'économiste togolais Kako Nubukpo

L'économiste togolais Kako Nubukpo

"On doit travailler sur le degré de solidarité. Il faudrait également harmoniser le droit des affaires. Quelle va être la règlementation bancaire en vigueur dans l’espace Cédéao ? Est-ce qu’on va s’appuyer sur ce que fait actuellement la commission bancaire de l’UEMOA ou est-ce qu’on va utiliser ce que font le Nigeria ou le Ghana en matière de réglementation bancaire ? Vous avez toute une ingénierie concrète à mettre en place pour rendre crédible la monnaie", assure-t-il.

Les pays ouest-africains veulent disposer d’une monnaie commune avec un taux de change flexible. Cette monnaie devra exclure toute tutelle extérieure, qu’elle soit le fait d’un pays ou d’une institution. Une monnaie souveraine donc, qui pourrait être placée à terme sous le contrôle des quinze pays de la Cédéao.