Des prisonniers libérés pour lutter contre le coronavirus | Afrique | DW | 30.03.2020
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Afrique

Des prisonniers libérés pour lutter contre le coronavirus

La Haut-commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU a appelé à la libération de détenus à travers le monde. Le Niger, l’Ethiopie et l’Afrique du Sud ont appliqué la recommandation.

Écouter l'audio 06:47

"Je demande la libération des gens en détention provisoire" (maître Alice Nkom)

Afin d'éviter que la pandémie de Covid-19 ne fasse des "ravages" dans les prisons surpeuplées, Michelle Bachelet a exhorté la semaine dernière "les gouvernements et les autorités compétentes à travailler rapidement pour réduire le nombre de personnes en détention". La Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU a suggéré de libérer par exemple "les détenus les plus âgés et ceux malades, ainsi que les délinquants présentant un risque faible".

C’est dans ce cadre que le président nigérien Issoufou Mahamadou a annoncé vendredi (27.03.2020) la remise gracieuse des peines pour 1.540 détenus.

Pour bénéficier de cette mesure de clémence, trois critères ont été retenus : les personnes âgées, les cas de maladies chroniques et tous les prisonniers qui ont moins de neuf mois à purger.

S’il salue la mesure, Abdoulaye Seydou, le président du Réseau panafricain pour la démocratie et le développement regrette son caractère sélectif : 

Écouter l'audio 04:36

Abdoulaye Seydou : "Cette mesure est insuffisante"

"Cette mesure est insuffisante. Parce que le milieu carcéral est davantage peuplé par des gens qui sont des prévenus et  qui ne sont pas condamnés. Or, la mesure du président ne s’applique qu’aux détenus qui sont condamnés.  Il va falloir qu’il y ait aussi un mécanisme par lequel les dossiers de ces gens qui sont des prévenus puissent être traités et qu’ils soient remis en liberté."

L’avocate Alice Nkom défend l’ancien directeur de la CTRV Amadou Vamoulké, en détention provisoire depuis juillet 2016

L’avocate Alice Nkom défend l’ancien directeur de la CTRV Amadou Vamoulké, en détention provisoire depuis juillet 2016

Aucune mesure au Cameroun

Contrairement au Niger, les autorités camerounaises n’ont pas encore mis en œuvre la recommandation de l’ONU de désengorger les prisons pour prévenir la contamination des détenus.

Ce que regrette maître Alice Nkom, la présidente de l'Association pour la défense des droits des homosexuels au Cameroun, et par ailleurs avocate.  

"J’ai pris la peine de dire que les lieux de confinement institutionnels et obligatoires, comme les prisons, peuvent être des foyers très dangereux de contamination et qu’il fallait surtout essayer de les désengorger en libérant les gens qui sont là-bas au titre d’une détention provisoire, qui ne sont pas encore jugés et qui bénéficient encore de la présomption d’innocence. Il y en a beaucoup. Mais je pense que chez nous, ce sont des recommandations qui vont rester lettre-morte."

Suspension des visites aux prisonniers

La direction de l’administration pénitentiaire ivoirienne a suspendu les visites des personnes extérieures aux prisonniers entre le 18 mars et le 16 avril inclus, en vue de prévenir d’éventuelles contaminations au Covid-19.

Les visites sont interdites à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA)

Les visites sont interdites à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA)

"Je plaide pour un désengorgement des prisons ivoiriennes"  a  suggéré Yacouba Doumbiya, le président du Conseil d’administration du Mouvement ivoirien des droits de l’Homme (MIDH) qui redoute le pire dans les milieux carcéraux de son pays.

D'autres pays africains ont décidé de libérer des détenus des prisons pour résorber la propagation du coronavirus. Il s'agit de l'Ethiopie (4000) et de l’Afrique du Sud.

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