Des ONG demandent le réexamen de la responsabilté de Paris dans le génocide rwandais | Afrique | DW | 26.10.2018
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Afrique

Des ONG demandent le réexamen de la responsabilté de Paris dans le génocide rwandais

Vingt quatre ans après le génocide rwandais, des témoignages montrant la complicité de l'armée française continuent d'être rendus publics. Une vidéo publiée par Mediapart met en évidence l'inaction de l'armée française.

L'année 2018 aura été marquée par un certain nombre de témoignages sur la complicité de l'armée française dans le génocide rwandais. D'abord, le livre "Rwanda, la fin du silence" de Guillaume Ancel, un ancien soldat présent à Bisesero pour l'opération Turquoise, publié en mars 2018. 

Guillaume Ancel retrace la méconnaissance des soldats français à l'égard des Tutsi qu'ils étaient sensés protéger, selon le mandat onusien. 

Et puis cette semaine, une vidéo obtenue par Mediapart montre un sous-officier qui alerte son chef, le Colonel Rosier, sur les massacres de Tutsi. Mais le patron des opérations spéciales au Rwanda écoute son subordonné sans réagir.

"Il y a eu des battus toute la journée dans les collines, des maisons qui flambaient de partout. Les mecs se trimbalaient avec des morceaux de chair arrachés."

En 2005, la justice française a lancé une enquête sur la complicité de l'armée française, centrée sur la période du 27 au 30 Juin 1994. Durant ces quatre jours un millier de Tutsi ont été massacrés sans que l'armée française intervienne.

En juillet dernier, la justice française a informé les parties civiles de ce dossier que l'enquête allait être clôturée."Les victimes se sentent terriblement déçus et vivent avec un terrible sentiment d'abandon. Ils ressentent cette procédure effectivement comme un échec total qui ne fait que les décevoir, d'autant plus que quand on leur dit qu'on s'orienterait vers la clôture de l'instruction, alors qu'évidemment, depuis plus de 13 ans, ils ne cessent que de répéter ce qui leur est arrivé à la fin du mois de juin 1994 à Bisesero", a souligné Maître Karine Bourdié, avocate des plaignants rwandais.

Celui-ci poursuit "je crains qu'on ne veuille pas heurter l'histoire officielle selon laquelle la France n'aurait que bien fait au Rwanda, alors qu'il y a des gens qui viennent soutenir que non, la France a bien fait certaines choses, certes, mais il y a aussi des évènements sur lesquels on peut se poser des questions très sérieuses sur la façon dont la France a agi via ses militaires par rapport aux rescapés", fait remarquer Maître Karine Bourdié évoquant le rôle de la France durant cette période. 

L'opération Turquoise consistait également en l'établissement d'une zone humanitaire sûre. En juillet 1994, les soldats du Front Patriotique Rwandais (FPR) venaient de prendre le pouvoir à Kigali. 

Un corridor créé par les soldats de Turquoise a aidé les milices et les soldats du gouvernement qui venait d'achever le génocide à se diriger vers l'ex-Zaïre, l'actuelle République Démocratique du Congo.

Jusqu’à ce jour, une grande partie de l'insécurité dans l'est de la RDC est liée à la présence des milices, anciennes forces armées rwandaises