Des crimes commis en Centrafrique sont actuellement jugés au Tchad | Afrique | DW | 12.03.2019
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Afrique

Des crimes commis en Centrafrique sont actuellement jugés au Tchad

Des avocats accrédités par la CPI auditionnent depuis samedi des victimes de la guerre en RCA. Des auditions initiées par la CPI suite aux plaintes du Collectif des associations de défense des Droits de l'Homme.

Écouter l'audio 02:11

"lls m'ont violée à tour de rôle" (Zoulya Ousmane, victime de la guerre en République Centrafricaine)

Cette décision  était attendue depuis longtemps pour soulager les victimes d’un conflit qui a fait plus de trois milles morts. L’ouverture de ce dossier intervient 5 ans après le dépôt d’une plainte par un collectif des associations de défense des droits de l’homme. Et ce, après des investigations en Centrafrique et au Tchad sur des cas de violations graves des droits humains dont de nombreux centrafricains et tchadiens ont été victimes lors du conflit intercommunautaire opposant les milices de la Seleka fidèles à l’ancien président Michel Djotodia, à des groupe d’auto-défense Anti-balaka fideles à l’ancien président François Bozizé. C’était de décembre 2013 à août 2014.

Des crimes effroyables

Zoulya Ousmane, la vingtaine révolue, orpheline de père est l’une des nombreuses victimes de ce conflit-armé, elle revient sur le calvaire qu’elle a vécu. "Quelques membres du groupe armé Seleka sont venus chez nous pour dire qu’un homme s’est caché chez nous. Ma mère a dit non, moi mon mari est décédé donc je suis seule avec mes filles. Je ne vis par avec un homme ici. Ils ont frappé ma mère, puis l’un d’entre eux s’est mis à me violer. Dès qu'il a terminé, un deuxième est venu monter sur moi pour me violer. Entre temps y a un autre qui est resté devant la porte pour surveiller. Ils ont gâté ma vie, aujourd’hui, je ne me suis pas marié à cause de ce qu’ils m’ont fait."

Zentralafrika Wahlen Januar 2011 (AP)

Djidda Oumar, porte-parole du collectif des associations de défense des droits de l’homme, se dit désormais soulagé par la décision de la CPI. "Les victimes des atrocités en République centrafricaine attendent impatiemment ce moment là. Nous sommes très très fière et nous allons mettre du paquet pour fournir le maximum possible de preuves avec nos avocats à la cour pénale internationale pour que les victimes rentrent dans leur droit," conclut le porte parole.

Durant une semaine du 9 au 16 mars, les deux avocats vont auditionner environs deux milles victimes composées de réfugiés centrafricains et retournés tchadiens de la RCA parmi les huit milles quelques victimes recensées. Maitre Yarré Fall, avocat au Barreau du Sénégal accrédité par la CPI. "Après les auditions, nous allons déposer les plaintes au niveau de la cour pénale internationale. Et le 18 juin prochain, y aura l’audience pour la confirmation des charges. Et à cette audience, la cour décidera si les charges retenues sont suffisantes ou non. Si les charges sont suffisantes, le procès va démarrer. Si elles ne sont pas suffisantes, la cour pourrait dire au Procureur d’aller faire d’autres enquêtes pour continuer la procédure," explique le juriste.

Sont directement visés par la procédure en cours devant la CPI, les anciens présidents centrafricains François Bozizé et Michel Djotodia, considérés comme principaux responsables de la crise centrafricaine. Mais aussi, deux Chefs de guerre des milices Anti-Balaka Alfred Rombhot et Patrice Edouard Ngaissona tous deux détenus à la CPI.

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