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Un soldat ivoirien porte une mitrailleuse alors qu'il marche sur la station balnéaire de Grand-Bassam après que des hommes armés se soient livrés à une fusillade dans trois hôtels, le 13 mars 2016
L’attaque de Grand-Bassam était la première attaque terroriste qu’a connue la Côte d’Ivoire Image : Getty Images/AFP/S. Kambou

Ouverture du procès de l’attentat de Grand-Bassam

Boni Kabie
30 novembre 2022

Le 13 mars 2016, des assaillants ont pris d’assaut des hôtels et restaurants de la ville balnéaire ivoirienne, faisant 19 morts civils.

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Sur les 18 accusés, seuls quatre en détention préventive à Abidjan étaient présents à l'ouverture, en début d'après-midi devant le Tribunal criminel (Cour d'assises) d'Abidjan, les autres étant en fuite ou détenus au Mali. 

Ces quatre accusés sont Cissé Hantao Ag Mohamed, Kounta Sidi Mohamed, Cissé Mohamed et Barry Hassan. Les chefs d’accusation sont assassinat, tentative d’assassinat, attaque de terrorisme, d’après notre correspondant sur place. Notre correspondant dit avoir observé du monde à l’ouverture de ce procès qui survient six ans après cette première attaque terroriste qu’a enregistrée la Côte d’Ivoire.

Mohamed Cissé, l'un des accusés, a plaidé non coupable. "Le jour de l'attaque, j'étais chez moi à la maison. Je reconnais avoir travaillé avec Kounta Dallah (considéré comme l'un des cerveaux de l'attentat) comme chauffeur, mais je n'étais pas au courant de sa sale besogne", a-t-il affirmé en se disant "Malien vivant en Côte d'Ivoire depuis 1987". La première journée du procès qui doit durer trois semaines, s'est achevée après sa déposition.

L'attentat de Grand-Bassam, revendiqué par Al-Qaïda, a illustré la crainte déjà présente en 2016 d'une extension de la violence jihadiste dans le Sahel aux pays du golfe de Guinée. Quatre Français, neuf Ivoiriens, un Libanais, une Allemande, une Macédonienne, une Malienne, une Nigériane et une personne non identifiée, avaient été tuées lors de l'attentat. Trente-trois personnes de diverses nationalités avaient également été blessées selon les autorités ivoiriennes. Trois soldats ivoiriens avaient également été tués. Cette attaque avait été revendiquée par la branche d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Le point sur l’ouverture du procès avec notre correspondant à Abidjan

"Les petites mains"

 Aude Rimailho, l'une des avocates des parties civiles françaises, pense que ce sont "les petites mains" qui sont jugées et affirme ne pas savoir "trop quoi attendre" de ce procès. "Les concepteurs de l'attentat sont au Mali" et "le refroidissement des relations entre la France et le Mali ne facilite pas les choses" quant au jugement de ces accusés à Bamako, a-t-elle déclaré. 

Perpétrée en représailles aux opérations antijihadistes Serval et Barkhane menées par la France et ses alliés dans la région du Sahel, l'attaque visait aussi la Côte d'Ivoire qui avait livré des membres d'Aqmi aux autorités maliennes.

En 2020 et 2021, les forces de défense et de sécurité ont été ciblées par des attaques meurtrières attribuées à des groupes jihadistes dans le nord de la Côte d'Ivoire, qui n'a cependant plus connu d'attentats contre des civils depuis celui de Grand-Bassam. Un attentat qui a durement éprouvé le secteur du tourisme dans ce pays, déjà fragilisé par la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait quelque 3.000 morts.

Boni Kabie Correspondant en Côte d'Ivoire