Dimanche 12 octobre, à l’issue de la présidentielle, des échauffourées ont été signalées à Garoua, dans le nord du Cameroun. Et notamment dans le quartier Marouaré, celui du candidat Issa Tchiroma Bakary. Une manifestation spontanée a dégénéré, à la suite de l’absence signalée de bulletins de ce candidat du FSNC, le Front pour le salut national du Cameroun, dans un bureau de vote. Un véhicule de la gendarmerie nationale a été incendié et des affrontements ont eu lieu entre militants pro-Issa Tchiroma Bakary et les forces de l’ordre.
Depuis, le calme est revenu, même si les forces de l’ordre étaient toujours déployées, ce lundi, autour du domicile du candidat pour assurer sa sécurité et éviter des débordements de ses partisans.
Hormis quelques incidents et irrégularités, l’élection présidentielle s’est déroulée paisiblement, hier, au Cameroun.
Désormais, les Camerounais sont suspendus à la proclamation des résultats définitifs par le Conseil constitutionnel, au plus tard le 26 octobre prochain. Pour la première fois depuis 43 ans, le président pourrait en effet changer à la tête du pays. Issa Tchiroma Bakary serait donné favori du scrutin par les premières tendances, même si seuls les résultats définitifs feront foi.
Comment Issa Tchiroma Bakary, originaire de Garoua, a-t-il réussi à susciter une si forte mobilisation populaire et tant de ralliements autour de sa candidature, alors même qu’il a fait partie pendant des années du gouvernement, sous Paul Biya ?
Ecoutez ci-dessus la réponse du Professeur Aimé Dounian, maître de conférence à l’université de Garoua. Il est spécialiste de droit constitutionnel et des questions électorales.