Centrafrique: l′accord de compromis paraphé à Khartoum | Afrique | DW | 05.02.2019
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Afrique

Centrafrique: l'accord de compromis paraphé à Khartoum

Le gouvernement centrafricain et les quatorze groupes rebelles ont paraphé le 8ème accord de paix. Des doutes persistent sur les chances de voir l'accord appliqué, notamment sur le partage du pouvoir et le désarmement.

Écouter l'audio 03:40

"Le partage du pouvoir demandé est déjà effectif" (Ange-Maxime Kazagui)

La cérémonie de paraphe de l'accord de Khartoum a eu lieu en présence du président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, de son homologue soudanais, Omar Hassan el-Béchir, et du président de la Commission de l’Union africaine, le Tchadien Moussa Faki Mahamat. 

Selon plusieurs sources, l’accord dont le contenu n’a pas encore été rendu public, a prévu entre autres un partage du pouvoir entre les 14 groupes rebelles et le pouvoir en place.

Faustin Touadera (DW/B. Wesel)

Quel Premier ministre pour Faustin-Archange Touadéra?

Difficile partage du pouvoir
Le ministre de la Communication et des Média et porte-parole du gouvernement, Ange-Maxime Kazaguiexplique que "le partage du pouvoir demandé n'est pas censé faire partie d'un accord puisqu'il est déjà effectif. Il y a déjà six ministres qui sont de la nébuleuse Seleka (coalition de rebelles à majorité musulmane qui a renversé l’ancien président François Bozizé en 2013, ndlr) qui sont au gouvernement, à la Primature, à la présidence de la République et dans les institutions de l'Etat. Ce fait est déjà acté."

Désarmement, point de friction

L’un des points d’achoppement lors des discussions était la question de l’avenir judiciaire des rebelles et surtout de leur désarmement.

Pour ce qui est du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion, l'accord prévoit la mise en place d’une brigade mixte, composée d'anciens rebelles et de soldats des forces armées centrafricaines. 



Comment désarmer totalement?

Cette brigade mixte sera placée sous la supervision de la MINUSCA, la force de l’ONU déployée en République centrafricaine. Mais certains participants à ce dialogue sont sceptiques quant à la réussite de cette stratégie de désarmement. 

C’est le cas de Moustapha Mahamat Sabone, président de la coalition Siriri. Son nom a d'ailleurs été plusieurs fois cité comme un possible candidat au poste de futur Premier ministre.

"Vous pouvez trouver un rebelle qui a cinq ou six armes. Mais lorsque vous mettez le système de désarmement conventionnel, il va venir vous remettre une arme. Mais l’autre arme, il va la garder dans le champ de son père. Il attend le moment opportun pour faire ressortir. Là maintenant, nous tombons dans un engrenage de violence. Donc, nous, au niveau de la coalition Siriri (la paix en Sango, la langue nationale en RCA, ndlr), nous avons aussi une plate-forme dans ce sens-là, pour que la République centrafricaine retrouve sa quiétude et puis la sécurité totale", soutient l’ancien coordinateur général du Front populaire pour la renaissance de Centrafrique, le FPRC, dirigé par Noureddine Adam.

Un avenir incertain

Beaucoup d’observateurs s’interrogent sur l’avenir de ce énième accord de paix.  Les rebelles vont-ils accepter de déposer les armes alors qu’ils contrôlent des trafics lucratifs – diamants, or, bétail – qui leur sont très profitables ?, s’est par exemple interrogé, dans une tribune paru dans le quotidien français Le Monde, Jeffrey Hawkins, ancien ambassadeur américain à Bangui, et chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

Cet accord de paix obtenu après une dizaine de jours de négociations, devrait être signé le mercredi 6 février à Bangui, la capitale centrafricaine.

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