Cameroun : des jeunes remontés contre Emmanuel Macron | Afrique | DW | 25.02.2020
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Afrique

Cameroun : des jeunes remontés contre Emmanuel Macron

Des centaines de jeunes Camerounais ont manifesté lundi devant l'ambassade de France à Yaoundé. Ils ont fustigé les propos du président français Emmanuel Macron, qui a promis samedi de mettre la "pression" à Paul Biya.

Écouter l'audio 02:08

"C'est une déclaration paternaliste" (Célestin Djamen)

Ils étaient entre 400 et 600 jeunes, selon une estimation de la police et de la gendarmerie, à s'être mobilisés à l'entrée de l'ambassade de France à Yaoundé, chantant et dansant à la gloire du président Paul Biya. La majorité des manifestants portait des drapeaux du Cameroun. Certains d'entre eux brandissaient des pancartes hostiles au président français, Emmanuel Macron. "M. Macron, le Cameroun n'est pas un Dom-Tom" (départements et territoires français d'Outre-Mer), "M. Macron mêle-toi de tes oignons", pouvait-on lire sur certaines pancartes.

Pavé dans la mare

Le samedi (22 février), le président Emmanuel Macron avait promis à un activiste camerounais qui l'avait interpellé à Paris, en marge d'une visite au Salon de l'agriculture, de mettre "le maximum de pression" sur son homologue Paul Biya pour que cessent "des violences au Cameroun qui sont intolérables".

C'est un immense pavé que le président français a jeté dans la mare des relations franco-camerounaises en tenant ces propos. Grâce à la vidéo qui circule sur les réseaux sociaux, de nombreux Camerounais ont appris que le président Paul Biya n'a pas libéré l'opposant Maurice Kamto de son propre gré, encore moins par un souci de créer un climat politique apaisé en convoquant un grand dialogue national durant l'année 2019.

Ces propos d’Emmanuel Macron ont provoqué de l'indignation auprès d'une grande partie de l'opinion camerounaise à l'instar des "jeunes patriotes" qui ont pris d'assaut lundi, l'entrée de l'ambassade de France à Yaoundé.

L'opposant Maurice Kamto a été libéré de prison le 5 octobre 2019

L'opposant Maurice Kamto a été libéré de prison le 5 octobre 2019

 "L'image du Cameroun a été écorchée, embastillée par des révélations fracassantes, iniques du président Macron. Si nous sommes allés manifester, c'est pour non seulement apporter le soutien à notre président Paul Biya, mais envoyer un message fort à la France pour dire que ce qui se passait hier, n'arrivera plus jamais au Cameroun", s’indigne Victor Eyaba, leader du mouvement de protestation.

Mise en scène

Célestin Djamen, cadre du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC, opposition), parle de "mise en scène" du président Macron.

"C'est une déclaration qui entre en droite ligne de la tradition paternaliste et franco-africaine, qui n'a surpris que les naïfs. En ce qui nous concerne, nous disons que nous ne sommes pas préoccupés par ce que dit Macron. Ce qui est certain, les problèmes des Africains, Camerounais en particulier sont posés par des Africains et donc les solutions ne peuvent être qu'africaines et camerounaises", indique-t-il.

Des prisonniers anglophones à leur arrivée à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé

Des prisonniers anglophones à leur arrivée à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé

Pour sa part, Michelle Ndoki, la vice-présidente du directoire des femmes du MRC estime que beaucoup de Camerounais qui avaient été détenus doivent leur liberté à la France.

"Je suis persuadée que de nombreuses personnes en France et parmi elles je pense le Chef de l'Etat, ont joué un rôle significatif dans l'issue de notre affaire", soutient-elle.

Le Rassemblement démocratique du Peuple Camerounais (RDP), le parti au pouvoir, prône le calme. Aucun cadre n'a voulu s'exprimer sur la question.

"Propos surprenants"

Dans un communiqué, la présidence camerounaise s'est offusquée lundi soir des "propos surprenants" du chef d'Etat français Emmanuel Macron.

Le président Paul Biya est au pouvoir depuis 1982

Le président Paul Biya est au pouvoir depuis 1982

Selon son secrétaire général, Ferdinand Ngoh Ngoh, "la présidence de la République du Cameroun rejette (...) les propos surprenants du président de la République française".

Le communiqué poursuit : le président camerounais "est comptable de son action devant le seul peuple camerounais souverain et non devant un dirigeant étranger, fut-ce un ami". Avant d’ajouter que "pour accomplir sa mission, le chef de l'Etat camerounais n'a pas besoin de pressions extérieures".

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