Cameroun : des élections malgré le coronavirus | Afrique | DW | 23.03.2020
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Afrique

Cameroun : des élections malgré le coronavirus

Des élections législatives se sont tenues dans les régions anglophones du pays malgré la crise sanitaire et sécuritaire.

La légitimité de ces élections partielles est vivement contestée

La légitimité de ces élections partielles est vivement contestée

13 sièges à l’Assemble nationale étaient à pourvoir, après l’annulation par le Conseil constitutionnel d’une partie des votes du 9 février dernier. Quelques 400.000 électeurs étaient concernés.

Mais la tenue de ce scrutin ce dimanche (22.03) n'a pas manqué pas de susciter des questions, voire de l'indignation, puisque le vote s'est déroulé en pleine pandémie de coronavirus. Le Cameroun compte officiellement près d'une soixantaine de cas de contamination.

Au-delà de la crise sanitaire, les violences dans les régions anglophones se poursuivent.

Le ministre de l’Administration territoriale a néanmoins annoncé dimanche dans la soirée que l’élection s'était bien passée.

Un bon taux de participation selon l'Etat

Un officiel en poste dans le nord-ouest, qui requiert l’anonymat, indique aussi que le taux de participation aurait même été plus élevé qu’en février :

"Le taux de participation était bon, assez relevé par rapport même à celui du 9 février. Pour l’instant on n’a pas encore les tendances générales. Donc on attend que les autorités compétentes puissent communiquer là-dessus."

Mais ce scrutin partiel de dimanche tenu dans un contexte de double crise sécuritaire et sanitaire est décrié par une partie de l’opinion nationale.

Hilaire Kamga, le Coordonnateur de la plateforme Orange dénonce ce qu’il appelle un simulacre :

"Il est totalement inadmissible et incompréhensible. Il n’y a pas eu d'élection hier le 22 mars parce qu’il ne pouvait pas y en avoir. Ce qui s’y est tenu n’était qu’une farce qui visait essentiellement à adouber une stratégie politique qui avait été préalablement adoptée, qui consiste à essayer de rééquilibrer ou de donner une bonne physionomie à un Parlement. Encore qu’il fallût réfléchir pour savoir si l’heure était à penser à la configuration politique du Parlement au moment où on est en train de réfléchir à la survie de l’humanité dans le cadre de cette crise du coronavirus."

Des violences

Les sécessionnistes anglophones ont marqué la journée d’élections partielles par des attaques contre les participants au vote. Au moins deux morts ont été signalés, dont un militaire.

Les observateurs redoutent que les personnes arrivées en zone anglophone en provenance de Douala et Yaoundé, les deux épicentres du coronavirus au Cameroun, aient pu importer le virus dans des zones qui ne faisaient jusque-là face qu’à une crise sécuritaire.