Burkina : la colère monte face aux attaques terroristes | Afrique | DW | 17.11.2021

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Afrique

Burkina : la colère monte face aux attaques terroristes

Des manifestations ont eu lieu depuis lundi, dans plusieurs villes du pays, pour demander la démission du président Roch Marc Christian Kaboré.

La pression est de plus en plus forte sur le président Kaboré

La pression est de plus en plus forte sur le président Kaboré

Au moins 49 gendarmes et quatre civils ont été tués lors de l'attaque perpétrée dimanche par des djihadistes présumés contre un détachement de gendarmerie d'Inata, dans le nord du Burkina Faso, selon un nouveau bilan communiqué par le porte-parole du gouvernement ce mercredi (17.11.2021).

"Nous pouvons établir le bilan suivant : 49 gendarmes décédés, 4 civils (tués). Nous avons fort heureusement retrouvé 46 gendarmes", portés disparus, a indiqué Ousséni Tamboura à l'issue d'un conseil des ministres.

Un précédent bilan faisait état lundi de 28 gendarmes et 4 civils tués.

Lire aussi →Les attaques djihadistes se multiplient dans le Sahel

Soldats burkinabè le 3 mars 2018 après une attaque à Ouagadougou

Soldats burkinabè le 3 mars 2018 après une attaque à Ouagadougou

Le nombre de décès pourrait toutefois encore s'alourdir, le détachement de gendarmerie d'Inata, ville de la région du Sahel et proche de la frontière du Mali, comprenant environ 150 hommes selon des sources locales.

Ce détachement a été attaqué dimanche par "un important nombre d'individus armés" circulant " à bord de plusieurs pick-up et motocyclettes", selon une source sécuritaire qui a évoqué "de longs échanges de tirs" entre les assaillants et les gendarmes. 

Il s'agit de l'une des attaques les plus meurtrières contre les forces de défense et de sécurité depuis que le Burkina Faso est confronté aux actions jihadistes, qui ont débuté dans ce pays il y a six ans.

Abdelmalek Droukdal, un des chefs terroristes au Sahel, tué en 2020

Abdelmalek Droukdal, un des chefs terroristes au Sahel, tué en 2020

Lire aussi →Au Burkina Faso, les terroristes sont des locaux

La tête du président Kaboré réclamée

Plusieurs centaines de personnes ont participé mardi (16.11.2021) à des manifestations pour réclamer la démission de l'exécutif.

"Pour nous, après six ans de tâtonnements, le président Roch Marc Kaboré a montré ses limites et il faut qu'il le reconnaisse. Même si le départ du président n'est pas la solution, c'est un début de solution", a déclaré Mohamed Koumsongo, le responsable du mouvement de la société civile "Sauvons le Burkina Faso", principal organisateur de l'une de ces manifestations. 

A Ouagadougou, après s'être rassemblés à la place de la Nation, au centre de la capitale, quelques centaines de manifestants ont défilé derrière une large banderole noire portant l'inscription "Sauvons le Burkina Faso".

Ces manifestants qui réclament la démission de l'exécutif pour son "incapacité" à mettre fin aux attaques terroristes, ont été stoppés par un cordon sécuritaire alors qu'ils se dirigeaient vers la Primature.  

Des manifestations similaires ont également eu lieu dans plusieurs villes du pays dont Dori, chef-lieu de la région du Sahel régulièrement endeuillée par des attaques et Bobo Dioulasso, la deuxième ville du pays, selon des sources sécuritaire et locale. 

Roch Marc Christian Kaboré est accusé d'inéfficacité face au terrorisme

Roch Marc Christian Kaboré est accusé d'inéfficacité face au terrorisme

Lire aussi →Burkina : "les groupes armés ont l'initiative du combat"

Président fragilisé et risque d'instabilité politique

Djibrina Ouédraogo est enseignant chercheur à l’Université Thomas Sankara de Ouagadougou. Pour lui, le président Kaboré est fragilisé par la situation sécuritaire et le risque d’un nouveau putsch militaire n’est pas à écarter. Il analyse ici le mécontentement qui prévaut dans le pays.

"Certains regardent vers l'armée" Djibrina Ouédraogo (chercheur)

Quasiment chaque semaine, des militaires ou des civils sont tués dans des attaques de groupes jihadistes liés à Al-Qaida ou l'Etat Islamique, en particulier dans les régions du nord et de l'est, dans la zone dites des "trois frontières", aux confins du Mali et du Niger.

Les violences, parfois mêlées à des affrontements intercommunautaires, ont fait environ 2.000 morts et contraint 1,4 million de personnes à fuir leur foyer.

Un deuil national a été décrété dans le pays depuis mardi jusqu'à jeudi après l'attaque de dimanche dernier.

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