Burkina Faso : un plan sécuritaire en 100 jours | Afrique | DW | 18.06.2019
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Afrique

Burkina Faso : un plan sécuritaire en 100 jours

Le gouvernement a annoncé la mise en place lundi d'un plan de riposte sécuritaire en 100 jours. Le plan prévoit aussi l'élaboration d'un projet de loi sur la réorganisation de la sécurité nationale.

Écouter l'audio 05:00

"Le président du Faso n'a pas anticipé les défis sécuritaires" (Abdoul Karim Saïdou, politologue)

La mise en place de cette commission est une des recommandations du Forum national sur la sécurité qui s'est tenu en novembre 2017.

Selon le président Roch Marc Christian Kaboré, lors de l’installation de ladite commission, l’objectif est de doter le pays d’un appareil de sécurité fiable et en adéquation avec les ressources disponibles.

"C’est la première fois que notre pays se donne l’espace et les moyens de se doter d’une vision malgré l’ampleur inégalée des menaces sécuritaires en général et des harcèlements terroristes en particulier. J’encourage les membres de la Commission à persévérer dans cet effort historique et à s’ouvrir à des consultations populaires élargies à l’ensemble de nos régions pour répondre au mieux aux attentes des femmes, des hommes et des jeunes du Burkina Faso", a ajouté le président burkinabé.

Ces déclarations ne rassurent pas le politologue Abdoul Karim Saïdou qui dirige le Centre pour la gouvernance démocratique de Ouagadougou.


"Le président du Burkina Faso n'a pas suffisamment anticipé les défis sécuritaires. Ce qui fait que son programme est presque vide sur les questions de sécurité. Il n'y a pas une véritable vision, un véritable programme qui a été élaboré avant qu'il n'accède au pouvoir. Ce qui explique donc certains tâtonnements qu'on observe çà et là. Parce que c'est un paradoxe que ce soit justement vers la fin de son mandat qu'il mette en place cette commission-là", explique le chercheur.

Écouter l'audio 05:46

"La lutte va être beaucoup plus difficile" (Me Guy Hervé Kam)

Même s’il estime aussi que cette stratégie aurait dû être prise beaucoup plus tôt, l’avocat Guy Hervé Kam, par ailleurs porte-parole du mouvement Balai citoyen, s'en réjouit tout de même.

"Nous avons toujours dit que notre système de défense et de sécurité n'était pas préparé pour ce type de menace. Franchement, on n’avait pas besoin de trois ou quatre ans pour s'en rendre compte. La lutte va être beaucoup plus difficile. Mais comme on le dit, mieux vaut tard que jamais", soutient-il.

Moment décisif

D’après le président de la commission d’élaboration de la politique de sécurité nationale, le ministre en charge de la Sécurité, Ousséni Compaoré, le moment est décisif car le Burkina Faso, confronté à une dégradation inédite du contexte sécuritaire, s’est engagé de manière souveraine à élaborer une politique de sécurité nationale par un processus consultatif inclusif qui prenne en compte les préoccupations, les attentes et les aspirations profondes des populations.

Des soldats burkinabè devant l'hôtel Splendid à Ouagadougou en janvier 2016.

Des soldats burkinabè devant l'hôtel Splendid à Ouagadougou en janvier 2016.

Pour sa part, le coordonnateur de la commission, le secrétaire général du ministère de la Défense nationale et des anciens combattants, a estimé que "l’aspect inclusif d’élaboration de la politique, vise à connaitre la perception, les aspirations, la vision de la sécurité par chaque catégorie de Burkinabè. Les ateliers qui vont suivre pourront alors fédérer les résultats des focus groupes pour tirer les conclusions".

Écouter l'audio 06:29

Zephirin Diabré : "pourquoi prendre une telle mesure en 2019?"

Cette méthodologie permettra d’avoir une stratégie dont la mise en œuvre sera efficace et efficiente et en laquelle les citoyens se reconnaissent, a conclu le Colonel major Naba Théodore Palé, cité par nos confrères du journal en ligne lefaso.net.

Doute

Doutant du succès de ce plan de 100 jours, le politologue Abdoul Karim Saïdou rappelle aussi que fin 2018, le chef de l’État avait promis la réouverture les écoles qui avaient été fermées dans les provinces du nord du pays à cause des menaces terroristes.

Mais "la promesse n’a pas été entièrement tenue", déplore-t-il, car de nombreuses écoles sont encore fermées.

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