Afrique du Sud : violente grève sur fond de xénophobie | Afrique | DW | 02.09.2019
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Afrique

Afrique du Sud : violente grève sur fond de xénophobie

Routes paralysées, voitures incendiées : des chauffeurs-routiers ont dénoncé avec violence la forte présence de travailleurs étrangers dans leur branche professionnelle.

L’Afrique du sud a connu une journée mouvementée ce lundi 2 septembre en raison d’une grève des chauffeurs-routiers qui dénoncent la forte présence de travailleurs étrangers dans leur branche professionnelle.

Des routes ont été bloquées dans certaines régions comme le KwaZulu-Natal où, selon la police, plusieurs  camions ont été incendiés par des routiers.

Dans la province du  Cap, la deuxième ville du pays, des incidents similaires ont été signalés.

Dans le centre de Johannesburg, des centaines de personnes armées de gourdins et de pierres auraient incendié et pillé de nombreux magasins, souvent tenus par des commerçants étrangers, notamment des Nigérians.

La police indique avoir procédé à plusieurs interpellations.

Une colère qui coûte des vies

Depuis plus d'un an, la colère ne cesse de monter chez les  routiers sud-africains qui veulent mettre fin à la forte présence de chauffeurs étrangers venus du Mozambique, de la Zambie et du Zimbabwe. 

Selon Human Rights Watch, cette colère a provoqué la mort de dizaines de chauffeurs routiers étrangers depuis le début de l'année dernière.

Philippe Nanga est le coordonnateur de l'ONG Un monde avenir. Il se dit indigné par ces violences xénophobes :

"Ce qui se passe en Afrique du Sud est simplement regrettable à un moment où nous avons avancé sur la directive de l'Union africaine sur la libre circulation des personnes et des biens. Nous avons vu des chefs d'Etats africains exhiber il y a trois ans le passeport africain. Mais aujourd'hui, il n'y a aucune avancée à l'horizon sur ce passeport unique."

Guinée équatoriale, RDC, Maroc

Le gouvernement sud-africain a condamné ces violences mais il n’y a pas qu’en Afrique du Sud qu’on manifeste ce genre d’hostilité à l’égard des migrants. Plusieurs pays du continent, dont la Guinée équatoriale, sont cités pour des cas de violences envers les migrants, comme l'explique Philippe Nanga :

"Pour aller du Cameroun en Guinée équatoriale, il faut présenter un visa. Il ne se passe pas de mois sans qu'un ou deux Camerounais ne soient expulsés de la Guinée équatoriale. La crise n'est toujours pas finie entre les deux Congos. Des exactions sont toujours commises sur des personnes qui se rendent en RDC pour travailler. Quant au Maroc, il a fait des efforts pour régulariser la situation de milliers de migrants subsahariens sans papiers. Mais, on continue de traquer d'autres personnes."

Pour l’activiste camerounais des droits de l’homme, il revient à l’Union africaine de traduire dans les actes les décisions prises en matière d’intégration africaine et de libre circulation des personnes et des biens.

Enfin, le Nigeria  a réagi à ces violences xénophobes en Afrique du Sud. Le ministre nigérian des Affaires étrangères a condamné les  scènes de pillages de ce lundi dirigées, selon lui,  contre des magasins de ressortissants de son pays.