L'AFC/M23 annonce se retirer d'Uvira... sous conditions
16 décembre 2025
L'AFC/M23 précise toutefois que ce retrait est conditionné à des garanties de sécurité, appelant les garants du processus de paix à assurer la gestion de la ville, notamment sa démilitarisation, la protection des civils et des infrastructures, ainsi que le contrôle du cessez-le-feu par le déploiement d'une force neutre.
Mais sur place, à Uvira, les populations attendent de voir pour y croire.
Écoutez ou lisez ci-dessous le compte-rendu de notre correspondante dans la région, Ruth Allonga.
Ruth Alonga : On peut dire que les habitants ne sont pas encore convaincus de cette déclaration. Déjà, pour l'instant, les rebelles sont encore sur place. Il n'y a aucun changement pour l'instant. Et deuxièmement, parce que cette population a plutôt confiance aux choses réelles, donc aux faits pas aux communications. Parce que déjà, l'AFC/M23 via ses réseaux sociaux, vient de faire des mises à jour en disant qu'il pourrait se retirer d'Uvira a moyennant des conditions. Et cela pousse les populations à croire que peut-être cela ne pourra pas se faire.
DW : Justement, vous avez parlé des conditions. L'une des conditions du retrait des rebelles, ce serait le déploiement d'une force neutre. Qu'est-ce que cela veut dire ?
Ruth Alonga : Il faut dire que ça ne sera pas le premier processus de retrait. Il faut noter que par le passé, il y a eu des communiqués qui ont contraint le M23 de se retirer des positions, notamment dans le Walikale et ils disent que, par expérience, ils ne peuvent pas se retirer, il faut qu'il y ait une force neutre. Et cette force neutre sera constituée notamment de pays de la sous-région et qui ne sont pas impliqués dans le conflit. Elle pourra stabiliser seulement la ville d'Uvira. Et le M23 pourra se retirer dans cette mesure là. Et bien-sûr, la création de cette force neutre ne va pas être faite tout de suite. Donc c'est un processus qui pourra aussi prendre un peu de temps.
DW : Cette annonce intervient alors que Washington a de nouveau mis en garde Kigali contre son implication présumée dans ce conflit dans l'est de la RDC. Est-ce qu'on peut dire que l'AFC/23 a finalement cédé à la pression de Washington ?
Ruth Alonga : Oui. Moi je pense que l'AFC/M23 ne devrait que céder à la pression de Washington pour un cas comme Uvira. Parce qu'Uvira, c'est une ville frontalière de Bujumbura, au Burundi. Et la prise d'Uvira change les enjeux de cette guerre. Parce que vous savez, l'État du Burundi a participé visiblement dans ce conflit, notamment en lançant des bombes sur des positions de l'AFC/M23. Mais aussi, l'Etat burundais a déployé ses forces en République démocratique du Congo pour combattre le M23. Donc dans ce cas, si rien n'est fait, vous le savez, ça risquerait de prendre une tournure d'un conflit régional parce que le Burundi voudrait aussi attaquer le Rwanda, pays accusé par les Nations Unies, d'être en soutien aux troupes de l'AFC/M23 et les retombées seraient catastrophiques. Donc, il y avait de quoi céder à la pression de Washington, parce que ce sont des vies des populations de la sous-région qui sont en danger.