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Giorgia Meloni
Giorgia Meloni, la grande vainqueure des élections législatives en ItalieImage : Gregorio Borgia/AP/picture alliance

Vers une montée en puissance de l'extrême-droite en Europe ?

Ali Farhat
26 septembre 2022

En Italie, la victoire aux élections législatives de Giorgia Meloni relance la question de la montée en puissance des partis extrémistes de droite en Europe.

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Avec la victoire de Giorgia Meloni aux élections législatives de dimanche en Italie, c’est la première fois depuis 1945 qu’un parti post-fasciste est aux portes du pouvoir.  

En restant dans l'opposition à tous les gouvernements qui se sont succédé depuis les législatives de 2018, Fratelli d'Italia s'est imposé comme la principale alternative, passant de 4,3% à 25% des voix, selon les premières projections, devenant ainsi le premier parti de la péninsule. 

Deuxième séisme politique après la Suède

La coalition que ce parti d'extrême droite forme avec la Ligue de Matteo Salvini, autre parti eurosceptique et anti-immigration, et Forza Italia, le parti conservateur de Silvio Berlusconi qui fait son retour à 85 ans, récolterait environ 43% des suffrages. Ce qui lui assure la majorité absolue des sièges aussi bien à la Chambre des députés qu'au Sénat. 

Ce séisme politique intervient deux semaines après celui qui, en Suède, a vu la victoire d'un bloc conservateur comprenant les Démocrates de Suède, parti issu de la mouvance néonazie qui a réalisé une forte percée, devenant la première formation de droite du pays nordique. 

En Europe, la victoire de Giorgia Meloni a été saluée par différents leaders dont le positionnement va de la droite conservatrice à l'extrême droite. En Pologne, le Premier ministre Mateusz Morawiecki a parlé sur Facebook de "grande victoire".  

Un enthousiasme partagé par le Premier ministre nationaliste hongrois Viktor Orbán, dont le directeur politique Balázs Orbán a twitté "Bravo, Giorgia! Une victoire bien méritée. Félicitations !"   

En Allemagne, Beatrix von Storch, vice-présidente du groupe AfD au Bundestag, a adressé ses "Félicitations à toute l'alliance".  

L'UE et la France restent attentives au respect des droits humains

L'Allemagne attend de l'Italie qu'elle reste "très favorable à l'Europe", a indiqué pour sa part à la presse Wolfgang Büchner, porte-parole du gouvernement. 

Face au scepticisme suscité dans son propre pays et à l'étranger, Giorgia Meloni, qui attend désormais d'être nommée présidente du Conseil (c'est-à-dire Première ministre) a assuré que la coalition gouvernerait "pour tous les Italiens".  

C'est en tous cas ce que souhaite Bruxelles, ainsi que la France qui, par la voix d'Elisabeth Borne, sa cheffe de gouvernement, a averti qu'elle sera "attentive" au respect des droits humains et du droit à l'avortement.  

Même son de cloche du côté de l'Espagne, où le ministre des Affaires Etrangères José Manuel Albares a prévenu : "les populismes finissent toujours en catastrophe".