L′autonomie stratégique : le grand défi de l′UE | International | DW | 22.09.2021
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International

L'autonomie stratégique : le grand défi de l'UE

Alors que Paris ne décolère pas au sujet du dossier des sous-marins, à Bruxelles on souligne aussi de plus en plus l'importance de renforcer l'autonomie stratégique.

La solidarité, c’est la position que les Européens veulent afficher dans le dossier des sous-marins qui oppose actuellement la France à l’Australie et plus largement aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.
Mardi (21.09.2021) en marge de l'Assemblée générale de l'Onu, le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, s’exprimait en ces termes au sujet du délicat dossier des sous-marins: " Comme nous l'avons toujours fait dans le passé en tant que gouvernement allemand, nous devons réfléchir en Europe à la façon dont nous pouvons revendiquer plus de souveraineté européenne."

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Conforter " la souveraineté de l’Europe ", " montrer plus d'unité sur les questions de politique extérieure et de sécurité" : le secrétaire d'Etat allemand aux Affaires européennes, Michael Roth, l’évoque également tout en précisant que la crise est "un signal d'alarme pour tous dans l'UE". 

Plusieurs pays européens, dont l'Allemagne par la voix de son ministre des affaires étrangères Heiko Maas (photo), ont apporté leur soutien à la France.

Plusieurs pays européens, dont l'Allemagne par la voix de son ministre des affaires étrangères Heiko Maas (photo), ont apporté leur soutien à la France.

L'autonomie stratégique en construction

Au-delà des déclarations politiques, il est peu probable toutefois que Berlin concède le leadership à Paris qui, pour sa part, souhaite pousser ce dossier lors de sa présidence tournante de l’Union européenne, au premier semestre 2022. Mais la question pourrait ne pas être là.

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Pour Benjamin Hautecouverture, spécialiste des questions de sécurité européennes, l’autonomie stratégique n’est pas un motif de contentieux entre européens. "L’idée selon laquelle, la France étant concurrente de l’Allemagne sur le marché international des sous-marins ne serait pas soutenue par ses alliés européens est une idée incorrecte qui relève d’une erreur d’analyse " explique le chercheur qui rappelle par ailleurs que le chantier d’une future boussole européenne, futur document stratégique de l’UE à l’horizon 2030, est en cours. 

"Il va comporter une analyse des menaces. Il va comporter des réponses à apporter en terme d’objectifs et de moyens (…) on est en train de conduire cette autonomisation stratégique et cela vaut pour tous les Etats de l’UE " selon Benjamin Hautecouverture.

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a d’ailleurs exprimé sa solidarité avec la France car, a-t-il dit, le problème ne concerne pas seulement Paris mais l'ensemble des Etats membres. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a également apporté son soutien aux autorités françaises. 

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Des discussions à venir

Selon Stephania Benaglia, chercheuse au Center for european policy studies, le dossier des sous-marins fait bouger les lignes et la question de l’autonomie stratégique devrait, dans tous les cas, encore faire l’objet de discussions.

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" C’est clair que ce n’est pas quelque chose qui se fera sans discussion. C’est le moment même où la définition de comment l’Union européenne va être un acteur de sécurité internationale est en train de se faire. Quel sera le résultat de cette réflexion ? On sait que c’est fort probable qu’il y aura des changements… Je ne m’attends pas à : Oui on y est c’est parti. Mais c’est un moment intéressant à suivre et fondamental " explique t-elle.

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Vers l'apaisement

Pour mettre un terme à cette crise des sous-marins australiens, Emmanuel Macron et Joe Biden ont promis ce mercredi (22.09.2021) lors d'un appel téléphonique de restaurer la confiance entre France et Etats-Unis .
Les deux chefs d'Etat ont "décidé de lancer un processus de consultations approfondies pour mettre en place les conditions garantissant la confiance et proposer des mesures concrètes pour atteindre des objectifs communs".

Il faut enfin noter que suite à l’élection du président américain Joe Biden, plusieurs diplomates européens avaient rappelé que cela ne changera pas le fait que l'Europe doit davantage compter sur elle-même pour se défendre.  

Annegret Kramp-Karrenbauer, la ministre allemande de la Défense, avait même émis l’idée d’un " new-deal " avec le nouveau président américain, en rappelant que les Etats-Unis fournissent 75 % des capacités de l'Otan, 100 % des capacités de défense balistiques et que 76.000 soldats américains servent en Europe.