Tchad : 30 ans de règne sans partage du parti au pouvoir, MPS | Afrique | DW | 11.03.2020
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Afrique

Tchad : 30 ans de règne sans partage du parti au pouvoir, MPS

Pour les jeunes qui n’ont connu que le régime d’Idris Deby Itno, les trente ans de règne du Mouvement patriotique du salut (MPS) illustrent le manque de démocratie au Tchad. Trente ans après, le pays se cherche toujours.

Les festivités de ce 30e anniversaire se déroulent à Mongo, dans la province du Guera, située dans le centre du pays.

Si le mouvement patriotique du salut (MPS) a été applaudi par les Tchadiens en 1990 pour avoir chassé l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré, cet espoir est devenu aujourd’hui un vieux souvenir pour de nombreux Tchadiens, à l’exemple d’Amina.

"Je fais partie aujourd’hui des nombreux jeunes qui se tournent les pouces à la maison, sans boulot après les études supérieures. Tout ça c’est le résultat de la mauvaise gouvernance du régime MPS. Franchement, pour nous qui n’avons connu que ce régime, c’est vraiment triste". a déclaré Amina, âgée d’une vingtaine d’années, elle n’a connu que le pouvoir du MPS.

Même réaction de Richard de Jésus, âgé de 22 ans : "Est-ce qu’ils sont en train de célébrer leur 30 ans d’échec au pouvoir ? Le régime d’Idriss Déby a atteint ses limites. Il ne peut rien faire. Que Déby prenne l’exemple du président Ouattara en Côte d’Ivoire ou d’Issoufou au Niger en laissant la place à la jeune génération".

L'opposition veut l'alternance

Succès Masra, leader du parti "Les Transformateurs", un parti d’opposition, avait à peine six ans lorsque le président Idriss Déby est arrivé au pouvoir en 1990. Devenu opposant, Succès Masra pense que le Tchad a besoin de sang neuf.

"Il y a une seule porte de sortie. C’est d’organiser sereinement l’alternance démocratique au sommet de l’Etat pour permettre à une énergie nouvelle de venir apporter l changement dont le Tchad a besoin. Parce que l’espoir que le parti au pouvoir avait apporté aux Tchadiens en arrivant, ils l’ont éteint et nous sommes dans une impasse politique. Je plaide pour un dialogue de passage de témoin, pour une nouvelle génération de Tchadiens capable d’assurer la suite en remettant notre pays sur les rails de la justice et de la dignité pour chaque Tchadien", a estimé Masra.

Le pouvoir fait une autre analyse

Mais pour Abderamane Djasnabaye, coordonnateur de la majorité présidentielle, l’un des pères fondateurs du Mouvement patriotique du salut, la limitation des mandats n’est pas forcément un signe de démocratie.

"Le débat sur l’alternance est un faux débat. Les gens parlent de deux mandats mais en Allemagne, les dirigeants ont fait quatre mandats et ils continuent. Ailleurs aussi. C’est à l’opposition de s’organiser, de se battre pour qu’il y ait une alternance. Personnellement je ne suis pas pour deux mandats. Je suis un démocrate mais je veux que les gens se battent. C’est quand on impose les mandats que ça crée des problèmes. Aujourd’hui, en Guinée, ou ailleurs, c’est par rapport à ces deux mandats qu’il y a des crises". 

Pour de nombreux Tchadiens, l’alternance démocratique au sommet de l’Etat n’est pas pour demain.

Lors d’une interview accordée à nos confrères de Jeune Afrique en novembre 2019, le Chef de l’Etat Idriss Deby Itno avait d’ailleurs justifié sa longévité au pouvoir par le souci de préserver la paix dans le pays.

 

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