Sénégal : la répression de l’homosexualité se durcit
13 février 2026
L’association Stop Homophobie a exprimé son inquiétude à la suite de ces arrestations.
Cette infraction, prévue par la loi sénégalaise de 2010, est passible d’amendes et de peines de prison pouvant aller jusqu'à dix ans de prison.
Par ailleurs, les relations sexuelles entre personnes de même sexe sont interdites au Sénégal.Elles sont passibles de peines d'un à cinq ans d’emprisonnement.
"J'ai vu sur Facebook des personnes qui connaissent l'un des auteurs présumés parler de honte pour toute une lignée. On met le focus sur la honte que vont subir les proches de ces personnes-là. J'ai vu d'ailleurs une fille écrire : moi, c'est comme si je suis membre de sa famille. J'ai tellement honte que je ne veux pas sortir" témoigne Oumoul Khairy Coulibaly, sociologue et maître de conférences à l'Université Cheick Anta Diop de Dakar. Il explique que l’homosexualité se heurte à une réprobation d’une grande partie de la société.
Homophobie et amalgame
Chacun sait toutefois que les réseaux sociaux créent un effet de bulle et qu’ils ne sont pas un marqueur scientifique fiable sur l’état de la société sénégalaise.
Ouvertement homophobe, l’ONG islamique Jamra entretient ainsi l’amalgame en associant l’homosexualité à la pédophilie et la transmission volontaire du sida.
L'association Stop Homophobie a exprimé ses inquiétudes face aux récentes arrestations et à la crispation de la société sénégalaise qui était jusqu’alors une des plus tolérantes en Afrique de l’Ouest.
Terrence Khatchadourian, secrétaire général de l'association française Stop Homophobie qui vient en aide aux Sénégalais victimes de discrimination estime que "ce sont nos familles, nos frères, nos sœurs et franchement, il y a autre chose à faire que d'incarcérer ou de criminaliser les gens, soi-disant pour ce qui se passe dans leur culotte, en l'occurrence leur orientation sexuelle". Il trouve cette situation "très triste, très grave et franchement pas digne du Sénégal et de l'Afrique."
En mai 2025, le collectif Rappel à l’Ordre, qui réunit plusieurs associations, parmi lesquelles l’organisation islamique Jamra, avait reçu l’autorisation préfectorale pour une manifestation contre l’homosexualité. La répétition de cet événement, demain à Dakar, n’est pas confirmée, mais il semble que Jamra souhaite rappeler ses promesses à l'actuel Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko.
Alors qu’il était encore dans l'opposition, celui-ci avait plusieurs fois affirmé vouloir durcir la répression de l'homosexualité.
Une autre association sénégalaise, qui réclame un durcissement de la pénalisation de l'homosexualité, a annoncé une conférence de presse lundi si les autorités ne prennent pas l'engagement de durcir encore la législation.