La stigmatisation des Congolais rwandophones | Afrique | DW | 24.06.2022
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Afrique

La stigmatisation des Congolais rwandophones

La crise diplomatique entre Kinshasa et Kigali se traduit par des agressions à contre les rwandophones en RDC.

Le Congolais rwandophones sont parfois associées aux rebelles du Mouvement du 23 mars, le M23. Différentes organisations et mouvement sociaux se mobilisent pour combattre ces dérives.

A (re)lire également : RDC-Rwanda, aux origines de la crise

A Goma, Chantal Faida est une femme politique congolaise qui s’engage pour lutter contre la stigmatisation dont sont victimes les Congolais rwandophones.

Selon elle, toute attitude tendant à discriminer ou combattre les populations civiles rwandophones vivant dans la province du Nord-Kivu serait une manière de faire le jeu de ceux qui cherchent à diviser les communautés. 

Ecoutez le reportage de notre correspondant à Goma...

Pour Chantal Faida, "nous devons dissocier les personnes qui ont intégré volontairement le mouvement rebelle et les communautés qui sont pacifiques et vivent avec nous depuis plusieurs années. Nous devons faire la part des choses et ne pas tomber dans le piège de l'ennemi qui voudrait saisir une opportunité de pouvoir pérenniser le cycle des violences."

Marginalisation

Depuis que les attaques des rebelles du M23 se sont multipliées contre l’armée congolaise dans les territoires de Rutshuru et Nyiragongo, les membres la communauté Tutsi du Congo se sentent mis à l’écart.

A (re)lire également : RDC: un groupe d'expert des Nations Unies estime que le Rwanda et l'Ouganda ont servi de base arrière au M23

Selon David Karambi, président de cette communauté en province du Nord-Kivu, "les membres de la communauté Tutsi, à cause de notre physionomie, on nous attribue la nationalité rwandaise. Nous ne voulons pas être traités comme une communauté belliqueuse car les gens nous font porter sans raison la responsabilité du mouvement rebelle du M23." 

Une campagne visant à convaincre les jeunes de lutter contre le tribalisme, en cette période de guerre, a été lancée par le Comité des jeunes pour la paix et la cohésion sociale de Goma. 

Le 17 juin, des résidents de Goma ont afflué à la frontière avec le Rwanda après des échanges de tirs

Le 17 juin, des résidents de Goma ont afflué à la frontière avec le Rwanda après des échanges de tirs

Prince Baninge, président de cette corporation des jeunes, veut rappeler que "il n'y a pas une communauté de criminels. Dans chaque communauté on peut y trouver des criminels, mais qui ne l'engagent pas. Voilà pourquoi nous ne devons pas nous fier à l'apparence physique ou à la communauté pour identifier l'ennemi. Nous devons continuer à sensibiliser les autres jeunes à arrêter les violences basées sur l'appartenance ethnique."

Soutenir l’armée

Pour sa part, le député national élu de Goma, Hubert Furuguta, propose aux habitants d’aider l’armée plutôt que de se battre entre eux :

"Laissons notre gouvernement en finir avec l'ennemi politiquement, diplomatiquement et militairement. Notre rôle, en tant que population, c'est d'encourager et soutenir notre armée. Et ne laissons à l'ennemi aucun mètre de notre territoire. Car l'ennemi veut à tous prix nous faire fuir de Beni, Butembo, Lubero, Rutshuru, Masisi et Goma. Restons chez-nous et ne fuyons pas."

Rappelons que mercredi (22.06), le ministre congolais de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a affirmé que le gouvernement expulserait l’ambassadeur rwandais si son pays ne revenait pas à des intentions plus pacifiques en cessant de soutenir le M23.

Pour sa part, Kigali continue de nier son soutien au groupe rebelle mais un récent rapport de l’Onu affirme que le Rwanda et l’Ouganda ont servi de base arrière au M23.