Situation très tendue en Ituri face aux violences communautaires | Afrique | DW | 05.03.2018
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Afrique

Situation très tendue en Ituri face aux violences communautaires

Après l'attaque de la nuit de jeudi à vendredi dernier, qui a fait au moins 49 morts, à Maze et Mbunja, la situation est toujours très tendue autour de Bunia. Deux jours de deuil sont décrétés sur place.

Écouter l'audio 02:10

"Il ne s'agit pas d'un simple conflit ethnique" (Christoph Vogel)

Dans le nord-est de la République Démocratique du Congo, une partie de la population a décrété deux jours de deuil. Les habitants de Bunia sont descendus dans la rue ce lundi pour dire leur colère face aux violences entre communautés Lendu et Hema dans la région. L'université a aussi fermé et le restera jusqu'à jeudi face aux événements de Djugu. La vie est donc très perturbée à tel point que le prix du litre d'essence a pratiquement doublé. Et face à l'afflux de personnes qui fuient les violences, les maladies se développent autour de Bunia.

Un conflit ancien

Flüchtlinge im Kongo (AP)

En 2003 déjà les habitants avait dû fuir la région pour éviter les violences.

Dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, une attaque avait fait au moins 49 morts, à Maze et Mbunja exactement. Les éleveurs Lendu se sont attaqués à des agriculteurs Hema. Un massacre qui arrive après d'autres qui avaient déjà fait au moins 76 victimes depuis décembre selon l'Unicef, alors même que l'armée est sur place. "On entendait déjà qu'il y avait des problèmes dès l'an dernier, mais c'est désormais réellement visible. Mais ça reste difficile de comprendre pourquoi cette flambée de violences", estime  Christoph Vogel, chercheur sur la République Démocratique du Congo à l'université de Zurich en Suisse.

Le conflit Lendu-Hema n'est pas nouveau dans la région. "Au cours de la guerre dite du Congo, où beaucoup de pays étaient impliqués, des groupes armés se sont développés et l'Ituri est devenu, de 2002 à 2006, un foyer de contestations important", rappelle Christophe Vogel. Les combats avaient fait plus de 60.000 morts et 600.000 déplacés il y a plus de dix ans, provoquant, en 2003, l'intervention de la force européenne Artemis. 

Des dizaines de milliers de personnes en fuite

Pour les spécialistes de la région, la situation actuelle n'est cependant pas identique. "Ce n'est pas un simple conflit ethnique, mais cela s'inscrit dans un contexte très politique, avec des liens jusqu'aux cercles politiques nationaux", estime Christoph Vogel. "Mais on ne sait pas qui, et à quel point, certains tirent les ficelles de ce conflit. Il faut donc analyser en profondeur pour voir comment améliorer la situation", met en garde le chercheur. 

Il y a en tout cas urgence. Au minimum, 60 000 personnes auraient déjà fui les affrontements. Certains sont dans la ville de Bunia et d'autres en Ouganda. Une épidemie de choléra frappe d'ailleurs les réfugiés dans le pays voisin. D'après l'Unicef, 76 personnes ont été tuées à l'arme blanche depuis décembre et plus de 70 villages ont été incendiés.

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