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RDC : funérailles officielles pour les déplacés tués à Goma

Zanem Nety Zaidi
15 mai 2024

35 personnes avaient perdu la vie début mai dans des tirs attribués au M23 dans le camp de Mugunga. Des membres du gouvernement congolais ont assisté à l’enterrement.

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Une femme vivant dans le camp de déplacés de Mugunga se tient le visage après le bombardement
Comme le gouvernement congolais, les Etats-Unis notamment ont accusé le M23 d'être à l'origine de ce bombardement sur le camp de MugungaImage : Moses Sawasawa/AP Photo/picture alliance

Dans la ville de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, les 35 personnes qui ont perdu la vie dans le camp des déplacés de Mugunga, le 3 mai dernier, à la suite de bombardements attribués aux rebelles du M23, ont été enterrées ce mercredi 15 mai après une cérémonie funéraire en présence de membres du gouvernement et du parlement congolais.  

C'est ainsi dans l’émotion que des milliers d'habitants de la ville de Goma, et les déplacés internes du camp de Mugunga, ont assisté à cette cérémonie d'adieu. 

Dieumerci Munguankokwa, défenseur des droits humains, en veut à la communauté internationale. 

Selon lui, "ce n'est pas facile en tant qu'humain de voir plus de 35 corps être acheminés aux cimetières. Et ce ne sont pas n'importe quels corps, ce sont ceux des innocents qui ont fui la guerre. Nous sommes tellement déçus. Nous appelons la communauté internationale à cesser avec l'hypocrisie dans laquelle elle est en train de jouer avec les autorités congolaises. Voilà que ce sont des enfants et des mamans qui ont été bombardés en plein camp de déplacés dans la ville de Goma. C'est très difficile à expliquer." 

Des personnes se réunissent dans le camp de Mugunga après les bombardements du 3 mai
Dans un communiqué, le gouvernement de la RDC condamnait le 6 mai cet "acte terroriste" et appelait à "des sanctions politiques et économiques conséquentes" contre le RwandaImage : Moses Sawasawa/AP/picture alliance

La RDC veut que le Rwanda rende des comptes

Dans son discours devant la foule et les 35 cercueils exposés dans des tentes, Modeste Mutinga, ministre des Affaires sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité nationale, a affirmé que le Rwanda, que le gouvernement congolais accuse de soutenir les rebelles du M23, sera traduit devant la Cour internationale de justice. 

"La barbarie du 3 mai dernier nous laisse un souvenir insoutenable, a déclaré Modeste Mutinga. C'est révoltant, trop c'est trop, cela doit cesser et va cesser. Le Rwanda, principal auteur des bombardements de Mugunga et Lushagala, finira par répondre de ces actes répréhensifs devant la Cour internationale de justice, pour avoir violé délibérément les dispositions du droit international humanitaire."

Des personnes réunies dans le camp de Mugunga, choquées par les explosions du 3 mai
En deux ans, le M23 et l'armée rwandaise se sont emparés de larges pans de territoire du Nord-KivuImage : Moses Sawasawa/AP Photo/picture alliance

Un mémorial aux victimes du M23 

De son côté, le représentant des familles des victimes de ces bombardements, demande tout simplement au président de la RDC, Félix Tshisekedi, de venir séjourner, comme il l’avait promis, mais sans le faire, dans la ville de Goma, jusqu'au retour de la paix dans la région.

Il note que "depuis que la guerre a commencé à Bunagana, Rutshuru, Kiwanja et jusque chez-nous à Sake, nous nous retrouvons tous déplacés à Goma. Si l'ennemi progresse jusqu'ici, nous n'aurons plus où aller, à part peut-être nous jeter dans le lac ou prendre la direction du Rwanda. C'est pourquoi nous demandons au président Tshisekedi de placer momentanément la capitale du pays à Goma, et revenir à Kinshasa une fois la guerre terminée".

Ces 35 corps ont été enterrés dans un nouveau cimetière érigé à Kibati, dans le territoire de Nyiragongo, qui constituera désormais un mémorial aux victimes de la guerre du M23.