RDC: l′armée nationale impuissante face aux rebelles | Afrique | DW | 22.10.2018
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Afrique

RDC: l'armée nationale impuissante face aux rebelles

A Beni, dans le nord-est de RDC, après l'attaque des rebelles ADF qui a provoqué la mort de onze personnes, une foule en colère a saccagé samedi dernier des édifices publics. L'armée congolaise semble impuissante.

Écouter l'audio 03:12

"Nous sommes en face des terroristes." (Mak Hazukay-FARDC)

Selon les FARDC, les forces armées congolaises, ce sont les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) qui sont à l’origine des attaques du week-end dernier.

"Nous venons de ramasser onze corps de civils tués à Matete", au nord de Beni après l'attaque des rebelles,"où quinze personnes sont portées disparues, parmi lesquelles dix enfants, dont l'âge varie entre cinq et dix ans", a déclaré à l'AFP le colonel Safari Kazingufu, chef de la police de la ville de Beni.

Selon lui, le bilan pourrait être plus élevé. Car des habitants auraient  "vu les corps de deux hommes en tenue militaire" dans le quartier où l'attaque a eu lieu.

Ce lundi matin, une autre attaque, imputée cette fois aux Maï-Maï, a également eu lieu à Beni et ses environs.

Une situation qui a poussé l’armée à engager des manœuvres de grande envergure pour retrouver les assaillants.


Mais la tâche s’avère difficile, en raison du mode opératoire de ces rebelles. Selon Mak Hazukay, porte-parole militaire de l'opération Sokola 1 des FARDC à Beni, "malheureusement, l'ennemi  contourne nos positions de temps à autre pour faire ce qu'il fait. Mais ça va. La situation est calme. Nous avons toujours pris les précautions pour éviter le pire. Mais lorsqu'on contourne les positions des militaires et on s'attaque à la population civile, c'est du terrorisme."

Complicité

Les civils, eux, n’adhèrent pas totalement à la thèse de l’armée. Certains d’entre eux suspectent même une complicité entre les rebelles et l’armée.

"La situation que nous vivons à Beni est grave. Parce qu’aucun assaillant n’a été capturé. Donc on ne sait pas vraiment par qui on est attaqué dans cette ville. En fait, s’ils étaient des rebelles, ils n’iraient pas s’attaquer à la population de Beni. Ils iraient s’attaquer plutôt aux Ougandais comme eux. Parce qu’ils sont les ennemis du gouvernement ougandais et non pas du gouvernement congolais. Certains députés parlent plutôt d’une complicité interne même au sein de l’armée", soutient Freddy Mbayahi, le vice-président de la société civile de Mangina-Mabalako, une ville située à une trentaine de kilomètres de Beni.

Écouter l'audio 05:45

Freddy Mbayahi : "Aucun assaillant n’a été capturé"

À la suite de cette nouvelle attaque meurtrière, les populations locales ont violemment manifesté contre l’inaction des FARDC et de la Monusco, la mission de l’ONU en RDC qui, selon nos informations, a échangé des tirs avec les rebelles.

Rappelons que depuis octobre 2014m la ville de Beni est l’objet d’attaques imputées aux rebelles ougandais musulmans des ADF. Des attaques qui ont causé la mort de milliers de civils.

Depuis les années 80, ces rebelles ougandais combattent le régime du président ougandais, Yoweri Museveni, et sont présents dans l’est de la RDC depuis 1995. Ils sont également accusés d’avoir causé la mort de quinze Casques bleus tanzaniens au cours d'une attaque d'une base en décembre 2017 à Semuliki, plus à l'est, vers la frontière avec l'Ouganda.

Enfin, les États-Unis ont inscrits en 2001 les rebelles ADF à leur liste d'organisations terroristes. L'Ouganda, leur pays d’origine, les accuse de collusion avec les islamistes somaliens shebab et Al-Qaïda. Sans que ces liens n’aient été formellement prouvés.

Le 16 octobre dernier, la patronne de la Monusco Leïla Zerrougui a annoncé son intention d’engager des pourparlers avec ces rebelles. Une déclaration qui a suscité la colère de nombreuses ONG de défense des droits de l’Homme et des populations de Beni et de ses environs, qui ne croient pas en la sincérité de la Monusco, accusée d’être inefficace et inactive.

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