Référendum au Kenya | Afrique | DW | 03.08.2010
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Afrique

Référendum au Kenya

Les Kenyans sont appelés à s'exprimer par référendum sur une nouvelle constitution. Le texte est censé mieux contrôler la magistrature suprême et réparer des injustices historiques, notamment dans le domaine foncier.

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Le président Mwai Kibaki (à droite) avec Raila Odinga

Un millier de morts et plus de 600 000 déplacés. C'est le bilan de la crise politique qui a suivi la réélection controversée du président Mwai Kibaki, fin 2007. Aujourd'hui, 400 000 personnes se trouvent encore dans des camps de réfugiés. A l'instar de Joseph Mburu, qui vit avec sa famille depuis trois ans dans le camp de Vumilia, à 150 km à peu près au nord de Nairobi :

L'espoir perdu des 400 000 déplacés

"Nous avons perdu l'espoir de rentrer chez nous. Et pourtant, nous y étions bien. Nous allons rester ici - même si c'est nettement moins agréable de vivre ici. Si nous rentrions, je suis sûr que cinq ou dix ans après notre retour, tout serait à nouveau détruit. Nous sommes tous d'accord, nous allons rester ici."

Joseph Mburu est Kikuyu, l'ethnie majoritaire du Kenya. Peu importe qu'il s'agisse également de l'ethnie du président Kibaki, ce père de famille a été victime lui aussi des violences post-électorales – affrontements qui ont opposé les Kikuyu aux Luos notamment, qui soutenaient Raila Odinga, le candidat malheureux à la présidence, devenu Premier ministre. Joseph Mburu le dit clairement, le référendum, c'est très peu pour lui :

Kenia Referendum IDP

La tente de la famille de Joseph Mburu au camp de Vumilia

"Je n'irai pas voter. Je ne vois pas pourquoi je participerai à un tel scrutin, alors que c'est justement à cause des élections que nous en sommes arrivés là. Ce référendum va entraîner de nouveaux problèmes. Je ne me suis même pas fait inscrire sur les listes électorales. Si on m'apportait de l'aide après le vote, alors là, oui, je donnerais ma voix. Mais ce référendum ne m'accordera aucune aide. Et je ne veux pas être confronté à des problèmes supplémentaires."

Le contrôle de la magistrature suprême

L'épouse de Joseph Mburu se rendra, elle, aux urnes. Car la nouvelle constitution promet notamment de donner aux femmes les mêmes droits qu'aux hommes sur la terre, notamment lors d'un héritage.

Sur le plan politique, la nouvelle constitution prévoit de mieux contrôler le pouvoir de la magistrature suprême. L'Assemblée nationale se prononcera notamment sur les nominations décidées par le président. Le Sénat - nouvellement créé - pourrait le destituer avec une majorité des deux tiers des députés. Un processus de décentralisation devrait par ailleurs être déclenché dans le pays.

Auteurs : Brigitta Moll / Carine Debrabandère
Edition : Fréjus Quenum