Qui sont les miliciens Bakata Katanga en RDC ?
14 janvier 2026
L’attaque menée par des miliciens Bakata Katanga dans le territoire de Bukama, province du Haut-Lomami, dans le sud-est de la RDC, a fait plusieurs victimes et ravivé les inquiétudes sécuritaires dans la région du Katanga.
Selon des sources administratives et sécuritaires, les combattants de cette milice ont attaqué dimanche un convoi des FARDC récemment affecté dans la zone.
D’après Mamadou Kalenga Wanonda, administrateur du territoire de Bukama, les affrontements ont fait au moins huit morts, dont deux civils près du marché central, ainsi que plusieurs blessés.
"Du côté des miliciens, il y a six morts, ainsi que des civils atteints par des balles perdues. Plusieurs blessés sont actuellement internés à l’hôpital."
L'indépendance du Katanga
Les Bakata Katanga sont une milice armée apparue au début des années 2010 dans l’ex-province du Katanga. Le mouvement revendique l’autonomie, voire l’indépendance de cette région riche en minerais, qu’ils estiment marginalisée politiquement et économiquement.
Le groupe est régulièrement accusé de graves exactions, notamment des attaques contre des civils, des pillages, des incendies de villages, des enlèvements et des déplacements forcés de populations. Ces violences ont été documentées dans les provinces du Haut-Katanga, du Haut-Lomami et du Tanganyika.
A la suite de la récente attaque, l’armée congolaise a indiqué dans un communiqué que plusieurs miliciens avaient été neutralisés et que des renforts avaient été déployés afin de sécuriser durablement la zone.
Stéphane Kanonge, porte-parole du gouvernement provincial du Haut-Lomami, explique que "ce sont des actes qui perturbent l’ordre public. Nous appelons la population à garder son calme et à faire confiance aux services de sécurité. La paix sera rétablie".
Enquête indépendante
Les organisations de la société civile, qui disent douter de la version officielle des faits, réclament toutefois une enquête indépendante. Timothée Mbuya, président de l’ONG Justicia ASBL, appelle à des investigations impartiales.
"Ce que Justicia recommande, c’est la mise en place d’une commission d’enquête indépendante chargée d’établir les responsabilités."
Comme Justicia, plusieurs organisations de défense des droits humains estiment que la stabilisation durable de la région passe à la fois par des mesures sécuritaires et par le traitement des causes profondes de ces violences récurrentes.