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Une vue sur la salle dans laquelle dans laquelle se tient le procès du massacre du 28 septembre
La répression dans le stade de Conakry avait aussi été marqueée par de nombeux cas de torture et de violences sexuellesImage : Souleymane Camara/REUTERS

Procès du massacre du 28 septembre, le film de la semaine

Bangaly Condé
28 octobre 2022

Le tribunal interroge depuis plusieurs jours Aboubacar Toumba Diakité, l’ancien aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara, au pouvoir au moment du drame.

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En Guinée, depuis une semaine, Aboubacar Toumba Diakité répond aux questions des avocats dans le procès du massacre du 28 septembre 2009 à Conakry. 

Il a notamment affirmé cette semaine que d’autres proches de Moussa Dadis Camara avaient été dans le stade de Conakry lors des événements. 

A l’issue de l’exposé d’Aboubacar Toumba Diakité, les avocats de la partie civile ont réclamé la requalification des infractions. Pour eux, les faits devraient être jugés par la Cour pénale internationale parce que les infractions sont des crimes contre l’humanité.   

Ecoutez le reportage à Conakry...

Mais le président du tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la cour d’appel de Conakry, a repoussé cette requête, estimant que les faits incriminés relèvent bien du droit pénal guinéen.  

Maitre Hamidou Barry, l’un des avocats de la partie civile, n’est pas convaincu. 

Selon lui, "le réquisitoire de la Cour d’appel de Conakry de février 2010 a visé le rapport international d’enquête et le rapport national. Les onze personnes qui sont là sont poursuivies sur la base de ces deux rapports. Et quand vous prenez le rapport international, dans ses conclusions, il est mentionné noir sur blanc que les crimes commis au stade et les jours qui ont suivi sont des crimes contre l’humanité."

Des forces de sécurité sont postées près du tribunal
Le Secrétaire général de l'ONU s'est félicité de l'ouverture de ce procèsImage : Souleymane Camara/REUTERS

La présence du garde du corps de Dadis Camara  

Auditionné cette semaine, Aboubacar Toumba Diakité affirme que Marcel Guilavogui, l’ancien garde du corps du président Moussa Dadis Camara, était bel au stade le jour du massacre. Il dit l’avoir vu agresser des responsables politiques, notamment Cellou Dalein Diallo.   

Aboubacar Toumba Diakité a ensuite ajouté que Moussa Dadis Camara aurait cherché à écarter tous ceux qui n’étaient pas de son groupe ethnique afin de se maintenir au pouvoir. 

Cette déclaration a irrité les avocats de la partir civile qui déplorent des propos communautaristes.   

Constatant la montée de la tension dans la salle sur cette question ethnique, le bâtonnier de l’ordre des avocats a demandé au tribunal de suspendre l’audience pour un échange en vue d’éviter des dérapages dangereux.   

Des hommes transportent le cadavre d'une victime, enroulé dans un drap blanc, le 2 octobre 2009
La répression dans le stade de Conakry a fait au moins 156 morts ou disparus selon l'OnuImage : Seyllou/AFP/Getty Images

Le rôle de Aboubacar Toumba 

Par ailleurs, les avocats d'Aboubacar Toumba Diakité affirment que leur client aurait réussi à sauver certains responsables politiques ce jour-là. 

Ils estiment que "Aboubacar Toumba a sauvé tous ces leaders en les embarquant dans son véhicule et en les conduisant à la clinique Ambroise Paré. De là, il les a déposés à l’état-major de la gendarmerie. Se rendre coupable dans les mêmes circonstances de temps et lieu des faits qui lui sont reprochés : son intervention pour sauver les leaders met déjà à nu ces accusations."  

Aboubacar Toumba Diakité devrait être à la barre encore lundi prochain, le 31 octobre. Celui-ci a demandé au tribunal de faire témoigner les leaders politiques qui étaient au stade le 28 septembre 2009.