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A Goma, les orphelins de la guerre du M23

27 janvier 2026

Un an après la prise de Goma par le M23, le nombre d'orphelins a fortement augmenté dans l'est de la RDC.

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Lors de la prise de Goma, en janvier 2025, les combats entre l’armée congolaise et les rebelles du M23 ont profondément bouleversé la vie des familles dans l’Est de la République démocratique du Congo.

À Goma, Minova, Sake et dans de nombreuses localités voisines, des centaines d’enfants se sont retrouvés livrés à eux-mêmes après avoir fui les violences ou perdu leurs proches. Un an plus tard, centres d’accueil, familles élargies et orphelinats tentent toujours d’absorber ce choc humanitaire.

Des parcours marqués par la fuite et la séparation

Kelvin Muhindo, aujourd’hui hébergé chez ses grands-parents à Goma, n’a plus aucune nouvelle de ses parents depuis plus d’un an. Comme beaucoup d’enfants, il a fui successivement plusieurs localités — Sake d’abord, puis Minova — avant d’atterrir dans la rue à Goma, où il a survécu un mois seul. Ce n’est qu’après avoir été retrouvé par un oncle maternel qu’il a pu rejoindre un foyer sûr. Sept mois plus tard, il a réussi à retrouver l’une de ses petites sœurs.

« Nous commençons à perdre espoir », confie-t-il, car aucune trace de leurs parents n’a été signalée depuis leur disparition.

Serge Bahati, 11 ans, a rejoint un orphelinat après avoir été séparé de sa famille en pleine guerre. Déjà orphelin de mère, il raconte avoir erré dans la rue avant d’être recueilli : « Ici, je suis bien nourri, j’étudie et je me sens heureux de vivre avec les autres. »

Des orphelinats débordés face à l’ampleur des traumatismes

Selon Élie Mukanda, directeur de l’orphelinat Lève-Moi, plus de 1 000 enfants orphelins de guerre ont été pris en charge en 2025 dans différentes structures d’accueil de Goma et ses environs.

Beaucoup ont été témoins d’événements extrêmement violents dans les camps de déplacés : assassinats, attaques, fuite dans la panique.

Pour lui, l’encadrement psychologique constitue une urgence absolue :
« Derrière chaque sourire retrouvé, nous savons qu’il y a un traumatisme profond. »

La chute de Goma aux mains du M23 a donné lieu à des combats intenses, laissant derrière eux un nombre élevé de victimes civiles et des familles disloquées.