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Premier cas confirmé d’Ebola au Sud-Kivu en zone rebelle

22 mai 2026

Le cas a été répertorié dans la zone de santé de Miti-Murhesa, dans le territoire de Kabare. Deux autres cas suspects sont aussi en train d'être examinés.

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Le virus est suspecté d’avoir fait 160 morts dans toute la RDC sur près de 670 cas probables Image : Gradel Muyisa Mumbere/REUTERS

L’alerte du premier cas positif d’Ebola dans le Sud-Kivu a été lancée par les autorités sanitaires de cette province dans l’est de la RDC. Elle été confirmée par le gouverneur de la zone du Sud-Kivu contrôlée par les rebelles de l’AFC-M23, Patrick Busu Bwa Ngwi. Une information également confirmée par Lawrence Kanyuka, le porte-parole de l’AFC-M23.   

Plusieurs sources sanitaires et humanitaires ont déclaré que la victime était arrivée dans son village, situé à une trentaine de kilomètres au nord de Bukavu, en provenance de Kisangani, où aucun cas n’a été recensé jusqu’à présent.   

Le docteur Serge Munyahu est le médecin-chef de zone de santé de Miti-Murhesa qui l’a pris en charge.  

La correspondance depuis Bukavu de Mitima Delachance

"C’est vrai qu’il y a eu une alerte sur un jeune garçon de 26 ans qui aurait présenté des symptômes d’Ebola, et qui serait resté chez lui pour être soigné avec des produits indigènes. Après, il a été admis au centre de santé de Kavumu, où il a été pris en charge, mais la maladie s’est aggravée. Il a été transféré à l’hôpital de Lwiro. Dans un contexte épidémiologique, nous avons signalé que c’était un cas suspect de fièvre hémorragique. Les échantillons ont été prélevés et envoyés, et malheureusement le malade est décédé."  

Inquiétudes des habitants  

Cette situation ravive les craintes des habitants de la capitale du Sud-Kivu, à cause de la proximité entre Bukavu et la zone de santé de Miti-Murhesa, mais aussi en raison des flux quotidiens des habitants qui font du commerce sur ce tronçon.   

Habitant de Bukavu, Liévain Basengezi estime que le virus Ebola aurait circulé discrètement, avant d’être détecté officiellement, et il s’inquiète pour sa ville : "Personnellement, j’ai peur, car le territoire de Kabare, c’est la porte de Bukavu. Il y a de nombreuses personnes qui quittent Kabare et qui viennent ici, à Bukavu, chaque matin, pour des activités socioéconomiques. Et avec le contexte économique actuel, c’est difficile de rester à la maison. On est obligé de se débrouiller. Nous avons peur de la contamination, mais ça va aller, Dieu est là."  

Renforcement des mesures de prévention  

Dans plusieurs quartiers de Bukavu et dans les villages environnants, des mesures de prévention sont renforcées petit à petit. Des dispositifs de lavage des mains sont placés à différents endroits, mais d'importants rassemblements se poursuivent dans les marchés et dans les bus de transports en commun.   

Un agent de police congolais monte la garde devant le centre de traitement d'Ebola en feu à l'hôpital de Rwampara (21.05.26)
Des jeunes ont mis le feu jeu à des tentes d’isolement de malades d’Ebola au sein de l’hôpital Rwampara près de Bunia dans l’Ituri Image : Gradel Muyisa Mumbere/REUTERS

Experte en infectiologie, la docteure Parvine Basimane Bisimwa exhorte au strict respect des mesures barrières contre Ebola. Elle explique sur la DW qu’”il faut vraiment faire attention et se rappeler que le virus est là, et qu’il est dangereux".  

"Nous sommes prêts à accompagner les autres structures dans la prévention : le lavage des mains au savon ou l’utilisation du gel hydroalcoolique. Il faut aussi montrer le danger à manipuler les animaux qui sont morts, alors qu’on ne connaît pas la cause …" 

 Le cas du Sud-Kivu a été confirmé par la rébellion de l’AFC-M23, mais n'a pas encore été confirmé par le gouvernement congolais, même si l’analyse des échantillons a été réalisée par le laboratoire de l’Institut national de recherche biomédicale. 

Vue aérienne sur Bukavu, au bord du lac Kivu
Mitima Delachance Correspondante à Bukavu en RDC pour la Deutsche Welle