Pour les Guinéens, il faut parler aussi d′emplois, pas seulement de politique | Afrique | DW | 05.03.2020
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Afrique

Pour les Guinéens, il faut parler aussi d'emplois, pas seulement de politique

La crise actuelle illustre le fossé entre les préoccupation quotidiennes des Guinéens et l'appétit de pouvoir d'une élite politique.

Écouter l'audio 02:08

"Le débat sur la constitution ne nous intéresse pas, nous voulons des emplois" (Jeune guinéen)

Au marché de la tannerie, dans la commune de Matoto, à Conakry, le débat sur la nouvelle constitution n’est pas à l’ordre du jour.

La préoccupation majeure des habitants est comment subvenir aux besoins  quotidiens de la famille.  Des Guinéens qui  ne comprennent  pas grand-chose de la politique. 

Mohamed Bah se plaint  de la rareté des  clients.

"Je suis commerçant. Depuis ce matin, je n’ai même pas servi trois clients. Je vis très mal, je n’ai même pas déjeuné ce matin. J’ai ma pauvre maman au village, mon papa ne vit plus et ça fait plus d’un an que je ne lui ai rien envoyé", explique-t-il.

Les manifestations de rue ont porté un coup aux activités économiques

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"Nous voulons des emplois"

Assis en petits groupes au tour du thé, au quartier Yimbaya, dans la  banlieue de Conakry, des jeunes diplômés sans-emploi pensent que l’Etat devrait  créer des opportunités d’emplois pour les jeunes au lieu de ne parler que de politique. 

Pour Yamoussa Soumah, la polémique sur la constitution est un faux débat. Pour lui, le changement de constitution  permettra seulement à un petit   groupe de personnes de se maintenir au pouvoir.

"Cette affaire de Constitution ne nous intéresse pas. Nous sommes au chômage depuis 2016".  Yamoussa affirme par ailleurs qu'il ne va pas voter. "En 2003, ils ont organisé le référendum, les gens ont voté, personne n’a vu les retombées de cela. Ma préoccupation c’est comment je vais être engagé dans la fonction publique. Et c’est cela la préoccupation de la jeunesse guinéenne. 70% de la population est au chômage", fulmine le jeune Guinéen.

L'opposant Cellou Dalein Diallo et ses camarades du Fndc n'entendent pas baisser les bras face à Alpha Condé

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Besoin d'assistance sociale

Dans les hôpitaux et centres de santé, les médecins se disent confrontés à  l’exaspération des patients à  cause de la cherté des médicaments.  Docteur Abdoulaye Balde.

"Quand nous avons des personnes qui sont défavorisées, on doit être solidaire pour offrir des soins de qualité à nos compatriotes. C’est pourquoi la cour est remplie. Certains viennent à quatre heures du matin et d’autres à cinq heures, pour avoir des tickets. Un malade qui vient avec 20.000 francs (deux euros), nous lui donnons des médicaments en fonction de ses moyens. Avec cela il est soulagé", dit docteur Abdoulaye Balde.

Malgré le report des élections, les membres du Front national pour la défense de la Constitution ne baissent pas les bras. Ils entendent  manifester ce jeudi 5 mars  à Conakry et dans plusieurs villes du pays.

Des manifestations destinées à   amener le président  Alpha Condé à renoncer à son projet de changement de la Constitution.

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