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Le poids de Berlin dans le règlement de la crise ukrainienne

Fréjus Quenum | Avec agences
14 février 2022

Le chancelier Olaf Scholz est en visite en Ukraine et en Russie. Mais pour calmer la crise ukrainienne, l'Allemagne dispose de peu de moyens de pression.

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Le chancelier allemand Olaf Scholz est arrivé en Ukraine pour rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky (14.02.2022)
L'Allemagne refuse de livrer des armes à l'Ukraine mais assure Kiev de son soutien économiqueImage : Kay Nietfeld/dpa/picture alliance

La Russie a rejeté une demande ukrainienne de se réunir d'urgence sous l'égide de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). Les deux pays font partie de cette organisation dont les textes recommandent la transparence dans les opérations militaires.

Or la Russie amasse des troupes à sa frontière avec l'Ukraine sans en fournir les raisons. C'est dans ce contexte que le chancelier allemand se rendait ce lundi (14.02.2022) en visite à Kiev. Olaf Scholz est attendu ce mardi à Moscou.

Ce déplacement s'inscrit dans le cadre des efforts diplomatiques en cours pour apaiser les tensions et empêcher une éventuelle attaque russe contre l'Ukraine. Mais l'Allemagne dispose de peu de moyens de pression. 

Nord Stream 2, seul levier de pression

Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le gazoduc Nord Stream 2 est "une arme géopolitique"
Olaf Scholz (gauche) est accusé d'hésiter à nommer les sanctions qu'il brandit contre le président russe Vladimir Poutine (droite)Image : John Thys/Mikhail Metzel/Sputnik/AFP/Getty Images

"La crise autour de l'Ukraine doit, dans tous les cas, être résolue par des moyens pacifiques et la diplomatie". Ainsi s'exprimait Rainer Seele, le patron de la Chambre de commerce germano-russe, avant le départ en voyage du chancelier Olaf Scholz.

Les échanges économiques ont servi de pont entre l'Allemagne et l'Union sovétique durant la guerre froide, a-t-il rappelé. Alors que le chancelier évoque un danger pour la sécurité de l'Europe et réitère la menace de sanctions en cas de "nouvelle agression russe" contre l'Ukraine.

>>> Lire aussi : L'Allemagne mise à l'épreuve dans la crise ukrainienne

Mais les paroles à elles seules ne suffiront certainement pas. Les sanctions évoquées par Olaf Scholz restent floues aussi. Même si les experts pensent en premier au projet gazier germano-russe Nord Stream 2. Le gazoduc est déjà construit. Il ne reste qu'à le mettre en service.

Claudia Kemfert, cheffe du département "énergie, transport et environnement" de l'institut allemand de recherches économiques, indique sur la DW que "l'Allemagne n'a pas beaucoup de moyens de pression, si ce n'est de mettre un blocage au projet Nord Stream 2, ce qui est son unique levier de pression politique. En revanche, l'Allemagne n'a pas l'habitude d'ériger le chantage en stratégie. Nous ne pouvons pas faire grand-chose. Contrairement à d'autres pays européens, nous n'avons pas diversifié nos approvisionnements en gaz et nous avons traîné les pieds pour ce qui est de la transition énergétique. Donc, nous avons fait beaucoup d'erreurs et maintenant nous en payons le prix".

Inquiétude dans les milieux d'affaires allemands

Crimée, retrait des militaires après des manœuvres en 2021
Crimée, retrait des militaires après des manœuvres en 2021Image : Russian Defense Ministry/AP/picture alliance

Les milieux d'affaires allemands observent avec inquiétude la menace que la crise ukrainienne fait peser indirectement sur les relations économiques.

Et pendant que la ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock se montre très offensive, le chancelier Olaf Scholz paraît hésitant à Markus Ziener, expert au German Marshall Fund, une fondation américaine spécialisée dans les relations entre Washington et ses partenaires transatlantiques.

"L'hésitation d'Olaf Scholz a conduit à une situation où on ne sait véritablement pas ce que l'Allemagne veut réellement. Un message clair du genre : 'en cas d'agression russe, il n'y aura plus de Nord Stream 2' aurait été une bonne chose. Mais cette déclaration, qui a manqué du côté d'Olaf Scholz, c'est plutôt Joe Biden qui l'a faite. Evidemment, cela paraît étrange que le président américain fasse une telle déclaration sur un projet dans lequel les Etats-Unis ne sont pas directement impliqués. Un projet conduit par des Européens, en l'occurrence les Allemands et les Russes", explique Markus Ziener sur la DW. 

A la veille de la rencontre entre Olaf Scholz et Vladimir Poutine ce mardi, la Chambre de commerce germano-russe rappelle que les entreprises allemandes ont investi en Russie environ 7,6 milliards d'euros nets au cours des cinq dernières années, malgré les restrictions imposées par la pandémie de coronavirus et les sanctions déjà en vigueur contre la Russie.

Photo de Fréjus Quenum à côté d'une carte du monde
Fréjus Quenum Journaliste, présentateur et reporter au programme francophone de la Deutsche Welle@frejusquenum