″Par rapport aux autres régions du monde, l′Afrique est mieux placée″ | Interviews exclusives DW | DW | 25.02.2021
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Interviews exclusives

"Par rapport aux autres régions du monde, l'Afrique est mieux placée"

Interview avec John Nkengasong le directeur de l’Africa CDC, sur la pandémie de coronavirus en Afrique et les avancées de la vaccination.

Écouter l'audio 05:30

Où en est le continent africain dans la lutte contre la Covid-19 ? Alors que la course aux vaccins se poursuit, les campagnes de vaccination se mettent lentement en place en Afrique. Le Centre de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) s'occupe de la coordination sur le continent.
John Nkengasong le directeur de l’Africa CDC est notre invité cette semaine. Il répond aux questions de Carole Assignon.
 

La pandémie de coronavirus représente une sorte de test grandeur nature pour Africa CDC. Diriez-vous que, pour le moment, l'institution s'en sort plutôt bien en termes de gestion de la pandémie sur le continent africain?

Oui, effectivement, aujourd'hui, le continent compte à peu près 3,8 millions de contaminations depuis le début de la pandémie, et un peu plus de 100.000 personnes décédées, donc par rapport aux autres régions du monde, je pense que l'Afrique est mieux placée jusqu'à présent, mais on ne sait pas comment a pandémie va évoluer.

 

Mais il y a quand même une seconde vague de coronavirus que le continent subit. Et on a passé la barre des 100.000 morts depuis le début de la pandémie. Les chiffres seraient actuellement en baisse. Est-ce que vous confirmez cette baisse puisque tantôz on parle de baisse, tantôt de hausse?

On étudie la baisse et l'augmentation en fonction des semaines. Lorsqu'on regarde les quatre dernières semaines, nous pouvons confirmer qu'il y a eu une diminution d'à peu près 25%, lorsqu'on regarde le continent - le continent est vaste, ce ne sont pas toutes les régions qui sont en trainde constater cette diminution. Par exemple, dans la région australe du continent, on est en train de constater une diminution importante. Mais il y a d'autres régions qui sont en train de constater une petite augmentation. Comme vous le savez, l'Afrique du Sud contribue à peu près de 40% de toutes les infections sur le continent africain. Il ont mis sur place des mesures de prévention importantes. Mais le problème menace. Il faut respecter ça et continuer quand même pour un certain temps pour stabiliser l'infection.

J'aimerais justement qu'on continue de parler de l'Afrique du Sud. Les autorités sud-africaines ont récemment suspendu le déploiement du vaccin AstraZeneca en raison d'une étude qui indique que le vaccin est moins efficace pour prévenir les infections légères et modérées par la variante dite locale de la Covid-19, la variante sud africaine. Comment avez-vous réagi à cette décision des autorités sud-africaines?

Le vaccin d'AstraZeneca est sûr mais à cause des variantes que vous avez évoquées, on a constaté une diminution de l'efficacité de ces vaccins. Donc ca veut dire que les variantes posaient problème. Ils ont pris des mesures, que je qualifierais de mesures de précaution.

 

Selon nos informations, l'Union africaine a sécurisé pour cette année 670 millions de doses de vaccins, contre la Covid-19, en plus des 710 millions de COVAX pour les pays africains. Est-ce que vous confirmez d'abord ces chiffres?

 Oui. Je confirme on a sécurisé à peu près de 700 millions de doses de vaccins qui vont aller de cette année jusqu'à l'année prochaine. Donc les négociations vont dans le bon sens de toutes les façons.

 

Existe-t-il un agenda de distribution et quelles sont les quantités prévues pays par pays?

Oui, bien sûr, il y a un agenda des distributions. Donc, nos projections c'est surtout une collaboration que nous avons avec MTN, géant sud africain des téléphones mobiles. Il a récolté 25 millions de dollars pour l'achat des vaccins. Donc, d'ici la semaine prochaine, on va commencer la distribution des doses de vaccin en petites quantités. Ce ne sont pas des quantités énormes, mais au moins 1 million à 1,5 million de doses du vaccin, les pays ont déjà passé leurs commandes. Donc, il faut terminer les discussions pour les financements. Et puis, on va commencer la distribution au mois de mars ou en avril. Il y a trois catégories de vaccins que l'Union africaine a sécurisées. Le premier type, c'est AstraZeneca, le deuxième, Pfizer-BioNTech, et le troisième Johnson&Johnson. Nous sommes aussi en discussion avec les Russes pour placer dans notre plate-forme 300 millions de doses. Ça ne veut pas dire que nous avons déjà acheté 300 millions de doses. Mais cela veut dire que d'ici quelques semaines, 300 millions de doses seront disponibles.

 

Que fait le CDC pour garantir que la chaîne du froid soit respectée, en termes de logistique?

Au niveau du CDC, la chaîne de froid ne devrait pas poser problème. On dit voilà, il faut utiliser une combinaison de vaccins. On commence avec le vaccin de Pfizer en Gambie, et on continue avec les vaccins qui demandent des conditions moins exigeantes.

 

Mais il y a une méfiance à l'égard des vaccins. Il y a beaucoup de rumeurs qui circulent. Est ce que de ce côté là également à votre niveau, vous menez des actions pour pouvoir mettre les gens en confiance ?
Oui, bien sûr. Nous avons une équipe qui travaille à écouter ce que dit la population et aussi pour trouver les messages à transmettre à la population. Moi-même, j'ai été vacciné plusieurs fois...

 

Avez-vous déjà été vacciné contre le coronavirus?

Pas encore, mais j'attendrai que le vaccin soit disponible en Afrique. Et alors je serai peut-être la première personne à recourir au vaccin.

 

Merci d'avoir pris le temps de nous répondre.