Omar el-Béchir ne sera pas livré à la CPI | Afrique | DW | 12.04.2019
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Afrique

Omar el-Béchir ne sera pas livré à la CPI

24 heures après son putsch militaire contre l’ancien président Omar Hassane el-Béchir, le conseil militaire de transition promet qu’il ne livrera pas le désormais ex-président à la Cour pénale internationale

Écouter l'audio 03:30

"Omar el-Béchir est un sujet de marchandage politiques" - Mamadou Ismaël Konaté

Au cours d’une conférence de presse, animée ce vendredi à Khartoum, le conseil militaire au pouvoir au Soudan a indiqué que Omar el-Béchir, "actuellement en détention", ne serait pas "livré à l'étranger". Malgré le fait que le président déchu soit visé par deux mandats mandat d'arrêt internationaux de la Cour pénale internationale de La Haye.

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Cette déclaration fait suite aux appels pressants des ONG de défense de droits de l’homme à livrer Omar Hassane el-Béchir à la CPI.

Marchandage

Selon Mamadou Ismaël Konaté, avocat Malien, l’ancien président pourrait faire l’objet d’un marchandage politique et diplomatique pour aboutir à son extradition à la Haye. "On peut difficilement riposter lorsqu'on n’est plus chef d'Etat en fonction et surtout lorsqu’on est chef d'Etat renversé et en situation de détention. Il devient aujourd'hui un sujet de marchandage et les pressions politiques, diplomatiques et judiciaires peuvent faire en sorte qu'on puisse arriver à bout de lui", soutient-il.

Et de poursuivre : "N'oubliez pas la situation du président du Liberia (l'ancien président libérien Charles Taylor, ndlr) qui était protégé pendant très longtemps par le régime nigérian mais a fini par être repris par le système judicaire international. Il a été jugé dans les conditions que l'on sait."

Les faits reprochés à el-Béchir

Agé de 75 ans, Omar el-Béchir est visé par dix chefs d’accusation, dont "crimes de guerre" et "crimes contre l'humanité" pour des faits dans la province du Darfour, dans l’ouest du Soudan, frontalier du Tchad.

En 2010, la CPI a ajouté une autre infraction : crime de "génocide". Depuis 2009, deux mandats d’arrêts internationaux ont été émis à son encontre, mais ils n’ont jamais été exécutés par manque de coopération des pays qu’el-Béchir a visités.

Quant à Awad Ibn Ouf, l’ancien premier vice-président et ministre de la Défense, et nouvel homme fort du Soudan, il est sous le coup de sanctions américaines.

À en croire l'ONG de défense des droits humains Human Rights Watch, en sa qualité de chef des renseignements militaires du régime déchu, il aurait une part de responsabilité  dans l'organisation d'attaques contre les civils au Darfour.

Dialogue  et Gouvernement civil, inclusif

24 heures après son putsch militaire contre l’ancien président Omar Hassane el-Béchir, le Conseil militaire de transition cherche à rassurer les Soudanais. "Nous allons dialoguer avec toutes les entités politiques pour préparer le climat des échanges en vue de la réalisation de nos aspirations", a déclaré le général Omar Zinelabidine, membre du conseil militaire de transition.  Celui-ci a assuré que le futur gouvernement serait "un gouvernement civil", sans toutefois préciser la date de sa formation. 

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"Notre mission essentielle est de préserver la sécurité et la stabilité du pays", a aussi precisé le général Omar Zinelabidine selon lequel,  l'armée ne "permettra aucune atteinte à la sécurité" sur l'ensemble du territoire du Soudan.

Au cours d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, ce vendredi, l’ambassadeur du Soudan à l'ONU, a déclaré que le conseil militaire de transition au Soudan "ne gouvernera pas, il se contentera d'être le garant d'un gouvernement civil qui sera formé en collaboration avec les forces politiques et les parties prenantes".

Pour Yasir Abdelsalam, "aucune partie ne sera exclue du processus politique, y compris les groupes armés". "La suspension de la Constitution pourra être levée à tout moment. De plus, la période de transition pourra être réduite en fonction des développements sur le terrain et l'accord des parties prenantes", selon le diplomate.

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