Massacres à Beni: les habitants ne décolèrent pas | Afrique | DW | 08.08.2019
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Afrique

Massacres à Beni: les habitants ne décolèrent pas

Huit mois après sa prise de pouvoir, Félix Tshisekedi n’a pas respecté sa promesse électorale d'installer le QG de l'armée congolaise à Beni (Nord Kivu) pour lutter contre les bandes armées.

Écouter l'audio 02:07

"Nous en avons assez de ces tueries" (Lewis Saliboko , habitant de Beni)

Au moins douze personnes massacrées et 24 portées disparues. Les informations de ces cinq derniers jours en provenance de Beni, dans le Nord-Kivu,  dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), illustrent la persistance des attaques de bandes armées contre les populations.

Des membres de la société congolaise ont ainsi manifesté hier (7 août) pour exprimer leur ras-le-bol. Ils ont marché jusqu’au quartier général des casques bleus des Nations unies à Beni. Lewis Saliboko participait à cette manifestation. "Nous voulons montrer au reste du monde que nous sommes fatigués par ces multiples tueries. Cela fait des années qu'ils sont là et prétendent travailler pour le retour de la paix. Mais nous ne voyons pas le retour de la paix. Les gens continuent à être égorgés comme des animaux, les gens continuent à être kidnappés, nous avons l'intention de leur dire que s'ils ne respectent pas leurs engagements, alors qu'ils retournent chez eux," explique cet habitant en colère.

Une des plus importantes organisations de défense des droits de l'homme dans le pays, la Voix des sans voix pour les droits de l’homme, appelle depuis Kinshasa les autorités à déplacer l'état-major de l'armée pour l’installer à Beni. C’était une promesse de campagne de Félix Tshisekedi avant l’élection présidentielle du 30 décembre dernier. Rostin Manketa, le directeur exécutif de l’ONG, précise cependant que le chef de l’Etat congolais n’a pas les mains libres.  "Le contexte dans lequel travaille notre président de la République ne lui permet pas de respecter sa parole donnée pendant la campagne électorale. Il avait effectivement dit qu’il allait installer l’état-major général des FARDC (forces armées congolaises, ndlr) à Beni. Mais depuis qu’il est au pouvoir, rien n’a été fait. Mais nous croyons que ce qui l’empêche c’est le contexte d’une vraie-fausse coalition. Il n’a pas les mains libres. Nous pensons que le nouveau président de la République n’a pas encore le contrôle des forces de sécurité."

Les massacres sont récurrents dans le Nord-Kivu comme dans la majeure partie de l’est de la République démocratique du Congo. La société civile congolaise  exprime son ras-le-bol au moment où le président Tshisekedi est accusé d'être plus préoccupé par le partage du pouvoir politique avec son prédécesseur Joseph Kabila.

En effet, le Congo est toujours sans gouvernement depuis l'élection présidentielle qui s'est déroulée il y a huit mois.

Les populations se plaignent également que la communauté internationale se préoccupe plus de la lutte contre Ebola que de la guerre que leur mènent les bandes armées.

 

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