L′ex-président du Zimbabwe Robert Mugabe est mort | Afrique | DW | 06.09.2019
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Afrique

L'ex-président du Zimbabwe Robert Mugabe est mort

L'ex-président Robert Mugabe est décédé à Singapour à l'âge de 95 ans. Il avait été déchu lors d'un coup d'Etat militaire en novembre 2017.

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Mohamed Diatta : "Mugabe a su porter le discours anti-impérialiste à l'échelle continentale"

Robert Mugabe a servi comme Premier ministre du Zimbabwe de 1980 à 1987 puis comme président du Zimbabwe de 1987 à 2017.

Il est décédé à 95 ans, d'après une annonce faite par l'actuel président  du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa ce vendredi matin (06.09.2019).

Mugabe a régné sur le Zimbabwe pendant près de 40 ans. Héros de l'indépendance, il était aussi une figure contestée. Ses détracteurs l'accusent d'être responsable de la mauvaise performance économique du pays, de corruption et de plusieurs crimes contre l'humanité.

Du héros au tyran

Lorsqu'il a pris les rênes de l'ex-Rhodésie, devenue indépendante en 1980, Robert Mugabe a pourtant séduit. Sa politique de réconciliation, au nom de l'unité du pays lui vaut des louanges générales, particulièrement dans les capitales étrangères. 

Il offre des postes ministériels clés à des Blancs et autorise même leur chef, Ian Smith, à rester au pays. Bardé de diplômes, le révolutionnaire Mugabe apparaît comme un dirigeant modèle. En dix ans, le pays progresse à pas de géant: construction d'écoles, de centres de santé et de nouveaux logements pour la majorité noire.

Très tôt pourtant, le héros a la main lourde contre ses opposants.
      
Dès 1982, il envoie l'armée dans la province "dissidente" du Matabeleland (sud-ouest), terre des Ndebele et de son ancien allié pendant la guerre, Joshua Nkomo. La répression, brutale, fait environ 20.000 morts. Mais le monde ferme les yeux. Il faudra attendre les années 2000, ses abus contre l'opposition, des fraudes électorales et surtout sa violente réforme agraire pour que l'idylle s'achève.

Affaibli politiquement, déstabilisé par ses compagnons d'armes de la guerre d'indépendance, Robert Mugabe décide de leur donner du grain à moudre en les lâchant contre les fermiers blancs, qui détiennent toujours l'essentiel des terres du pays. Des centaines de milliers de Noirs deviennent propriétaires, mais au prix de violences qui contraignent la plupart des 4.500 fermiers blancs à quitter le pays.

La réforme précipite l'effondrement d'une économie déjà à la peine. Les liquidités manquent et 90% des Zimbabwéens sont au chômage.

Baromètre de ses extravagances comme de son état de santé, les luxueuses agapes offertes chaque année à Robert Mugabe pour son anniversaire ont systématiquement nourri la polémique, dans un Zimbabwe au bord de la ruine financière.

Des réactions dans le monde

En réagissant au décès de Robert Mugabe, le président sud-africain Cyril Ramaphosa salue un "champion" de la lutte contre le colonialisme.

La Chine a salué ce vendredi (06.09.) un dirigeant exceptionnel. "Durant sa vie, il a fermement défendu la souveraineté de son pays, s'est opposé aux ingérences étrangères et a activement promu l'amitié et la coopération entre la Chine et le Zimbabwe et la Chine et l'Afrique", a déclaré devant la presse le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang.

Avec l'Afp

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