Les rebelles ne désarment pas dans le Nord Kivu | Afrique | DW | 30.04.2012
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Afrique

Les rebelles ne désarment pas dans le Nord Kivu

De violents affrontements opposent depuis samedi des éléments de l'ex-rébellion du Congrès National pour la Défense du Peuple, le CNDP, aux forces armées gouvernementales provoquant des déplacements de populations.

Les localités les plus touchées par ces combats à l'arme lourde sont Mweso et Mushaki, deux villages situés dans l'Est de la province du Nord Kivu. Des témoins indépendants rapportent que plusieurs centaines de personnes dont des femmes et des enfants ont été contraintes de fuir les zones de combats pour gagner Goma, la capitale du Nord-Kivu. Comme le témoigne un habitant interrogé sur place:

Joseph Kabila

Joseph Kabila a lancé un appel pour faire arrêter Bosco Ntaganda

" J’ai fui la guerre à Saké. A ce moment-là ,nos militaires avaient le moral au zénith. Mais vers 17h30, ils ont montré leur faiblesse et certains d’entre eux nous ont demandé de quitter. Mushaki, Karuba et même le village de Kingi sont tombés entre les mains du CNDP "

En revanche, Kinshasa affirme que le calme est revenu sur place et que l'armée gouvernementale contrôlerait désormais la région. Le gouvernement congolais, attribue le déclenchement de ces nouveaux affrontements aux ex-rebelles du CNDP avec en tête plusieurs anciens officiers de l'armée congolaise dont Bosco Ntaganda poursuivi pour crimes de guerre et enrôlement d'enfants-soldats.

Internationaler Strafgerichtshof in Den Haag ICC

Thomas Lubanga, l'ancien chef rebelle de Bosco Ntaganda

Cependant, Bosco Ntaganda, que notre correspondant sur place John Kanyunyu a pu joindre par téléphone, dément être le meneur des troupes rebelles qui combattent les forces armées de la RDC et se dit prêt à répondre de ses actes:

" Moi je ne suis pas concerné par cette guerre contre le gouvernement. Et moi, je suis obéissant à la chaine de commandement. Je ne comprends pas pourquoi je suis poursuivi alors que j'occupais la quatrième position après Thomas Lubanga. Je n'ai jamais compris c'est pourquoi je n'ai pas peur d'aller répondre à toute question qui va m'être posée".

Depuis début avril, plus d'une dizaine d'officiers supérieurs essentiellement issus de l'ex-rébellion du CNDP ont quitté les forces armées de RDC pour rejoindre le maquis. Le président Joseph Kabila, qui réclame désormais la tête de Bosco Ntaganda, s'est rendu dans la région et menace de sanctions tout soldat récalcitrant.

Auteur : Bob Barry (et John Kanyunyu, à Goma, pour les témoignages)
Edition : Marie-Ange Pioerron