Les militaires guinéens en guerre contre la corruption | Afrique | DW | 23.02.2022
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Afrique

Les militaires guinéens en guerre contre la corruption

Les militaires s’attaquent à la corruption dans plusieurs affaires. L’une concerne la vente d'Air Guinée. Des anciens ministres sont entendus par la justice.

Plusieurs anciens ministres sont entendus par la Cour de répression des infractions économiques et financières. L’ancien ministre du Budget de l’ex-président, Alpha Condé, a été incarcéré à la maison centrale de Conakry.

Mais, cette lutte contre la corruption semble ne viser que des anciens responsables au pouvoir ce qui laisse redouter une chasse aux sorcières.

La semaine dernière, une information judiciaire a été ouverte concernant la vente de la compagnie Air Guinée dans laquelle d’anciens responsables politiques seraient impliqués.

Désormais, c’est l’équipe de l’ancien président, Alpha Condé qui est visée. L'ex-ministre du Budget, Ismaël Dioubaté, a été incarcéré et l'ancien ministre d'Etat et ancien conseiller spécial à la présidence, Tibou Camara, a été pour sa part placé sous contrôle judiciaire.

Des cadres proches de l'ancient président, Alpha Condé, sont visés par cette lutte contre la corruption

Des cadres proches de l'ancien président ,Alpha Condé, sont visés par cette lutte contre la corruption

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"Procédure biaisée"

L’Association guinéenne pour la transparence s’inquiète toutefois de l’absence de structure adéquate de lutte contre la corruption. Selon Oumar Kana Diallo, la justice doit conduire ce type de procédure.

"La procédure est biaisée, ce sont de simples communiqués que nous entendons à la place d’une procédure qui aurait pu être enclenchée par la justice s’il s’agit de soupçons de corruption ou de spoliation des biens de l’Etat. Il revient à la justice elle-même d’engager des procédures judiciaires. Ensuite, il y a une faible implication des organes de lutte contre la corruption contre les pratiques corruptibles. Parfois ce sont des actions populistes que l’on voit autour de la Crief (Cour de répression des infractions économiques et financières, ndlr) qui n’est pas appelée à traiter tous les dossiers. Il y a aussi les autres juridictions", déplore Oumar Kana Diallo.

Les précisions de notre correspondant à Conakry

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La classe politique dubitative

Du côté des politiques, l’inquiétude est grande devant la vitesse avec laquelle ces dossiers sont traités. Certains estiment que les poursuites sont faites sans preuves précises. 

Pour Abdoulaye Kourouma, président du Rassemblement pour la renaissance et le développement, la lutte contre la corruption ne doit pas se faire dans la précipitation. Il invite la junte à approfondir les enquêtes.

"Tout ce qui appartient à l’Etat doit lui revenir. La lutte contre la corruption n’est pas une course de vitesse mais une course de fond. Je souscris à la récupération des biens de l’Etat et à la lutte contre la corruption mais ça ne se fait pas dans la précipitation. Il faut structurer, il faut l’organiser et il faut le faire sans état d’âme mais avec la loi. On n’improvise pas la lutte contre la corruption, on le fait avec des preuves. Moi je pense qu’il faut mettre des structures en place", estime Abdoulaye Kourouma.

Pour certains Guinéens, la procédure de lutte contre la corruption, est biaisée

Pour certains Guinéens, la procédure de lutte contre la corruption, est biaisée

Selon les statistiques de la Banque mondiale, la Guinée perd chaque année, plus de 600 milliards de francs guinéens à cause de la corruption.

Après l’ex-ministre du Budget, Ismaël Dioubaté et l'ancien ministre d'Etat, Tibou Camara, d’autres anciens responsables auraient été entendus ce mercredi par la Cour de répression des infractions économiques et financières.