Le scrutin de la réconciliation | Coupe du monde de football 2018 | DW | 08.10.2010
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Mondial 2018

Le scrutin de la réconciliation

La présidentielle du 31 octobre vise à mettre un terme à une longue crise politico-militaire qui dure depuis 1993. L’une des priorités du futur président sera de réconcilier les Ivoiriens.

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Abidjan, capitale économique

Les Ivoiriens n’ont jamais été aussi confiants de voir cette élection maintes fois repoussée depuis cinq ans se tenir enfin, le 31 octobre. Comment ne pas l’être, d'ailleurs, alors que la liste électorale définitive a déjà été validée et que la distribution des cartes d’identité et d’électeurs a commencé depuis début octobre ?

Alassane Ouattara

Alassane Ouattara

Fanny Ibrahima est maire de Bouaké, la seconde ville du pays, et membre de la direction du RDR, le Rassemblement des Républicains, parti de l’opposant Allassane Dramane Ouattara. Les Ivoiriens, dit-il, sont exaspérés par 10 années de crise : « On a vécu dans cette crise pendant 10 années. Aujourd’hui nous sommes pressés que cela finisse parce qu’on a en marre, on est fatigué, on est fatigué, il faut qu’on vote le 31 octobre. Si ce n’est pas le cas, ce ne sera pas la violence mais le chaos qui va s’installer. »

Bédié rêve de reconquérir le pouvoir

Candidat au scrutin du 31 octobre pour le compte du PDCI, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire, Henri Konan Bédié, l’ancien président renversé en décembre 1999 par un coup d’état militaire, rêve de reconquérir ce pouvoir qu’il a perdu il y a dix ans. Pour lui, tout est à reconstruire dans cette Côte d’Ivoire qui porte encore les meurtrissures de ces longues années de crise : « Mon programme, c’est le redressement du pays parce que la dégradation est très avancée dans tous secteurs de la vie nationale. Après les élections, celui qui sera élu devra faire en sorte de redresser le pays. »

Elfenbeinküste Bedie Besser

Henri Konan Bédié

Quand on l’interroge sur sa responsabilité dans cette crise et surtout sur « l’ivoirité », un concept qui serait à l’origine de la fracture sociale en Côte d’Ivoire et de la crise du 19 septembre 2002, Henri Konan Bédié se défend : « Je ne suis pas l’inventeur de « l’ivoirité ». D'ailleurs, que faut-il entendre par cela ? Selon lui, il s'agit tout simplement d'un concept qui touche l'entité nationale et la culture du pays. « Mais ce concept a été galvaudé, dévoyé et utilisé à des fins politiques par certaines personnes. La Côte d’Ivoire est l’un des pays les plus ouverts au monde avec un taux de 26% d’étrangers ! »

Besoin de réconciliation

Laurent Gbagbo

Laurent Gbagbo

Recoller le tissu social dans un pays qui compte une soixantaine de groupes ethniques, c’est l’un des défis que devra relever le futur président ivoirien. Et dix ans de crise, cela donne forcément à réfléchir. Pascal Affi Nguessan, président du FPI, le Front Populaire Ivoirien, le parti de Laurent Gbagbo, estime qu'il faut « œuvrer à la création d’un Etat-nation démocratique et solide. Donc, il faut restaurer la paix, la sécurité, la cohésion nationale, lutter contre le tribalisme, le régionalisme et promouvoir la laïcité et la bonne gouvernance. » Ces points, qui constituent les bases d'un Etat moderne, font partie des priorités du FPI.

Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié, Allassane Ouattara : le futur président Ivoirien devrait être issu de ce trio alors qu’ils sont 14 candidats en lice pour le scrutin du 31 octobre.

Auteur : Georges Ibrahim Tounkara
Edition : Anne Le Touzé