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MédiasTogo

Le reporter togolais Ferdinand Ayité récompensé à New-York

Jean Claude Abalo
17 novembre 2023

Au Togo, les "clignotants sont au rouge", estime le journaliste togolais Ferdinand Ayité, lauréat du prix international de la liberté de la presse 2023.

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Ferdinand Ayité
Ferdinand Ayité récompensé par le CPJ à New YorkImage : Jean-Claude Abalo/DW

"Ce prix n'est pas véritablement une bonne nouvelle pour notre pays” déclare, au micro de la DW, Ferdinand Ayité, lauréat togolais du prix international de la liberté de la presse remis jeudi soir (16.11.2023) par le Comité pour la protection des journalistes, à New-York. 

Le CPJ a récompensé des journalistes qui ont "défendu avec courage, la liberté d'expression malgré les attaques, les menaces et les emprisonnements". 

"Au-delà de la satisfaction qui est personnelle, effectivement, ce prix n'est pas un bon signal pour notre pays" estime Ferdinand Ayité. "Dans notre pays, beaucoup de journalistes sont de plus en plus persécutés, la presse indépendante traverse des moments assez difficiles.

En ce moment où moi je reçois ce prix, il y a des journalistes qui sont encore en prison, deux ans après notre aventure qui s'est soldé par le décès de nos confrères et codétenu, Joël Egah.

Aujourd'hui moi je suis en exil avec mon rédacteur en chef, nos parutions sont suspendues. Avant nous, il y avait Carlos Kétohou qui était parti en exil.

Donc les clignotants sont rouges au Togo en ce qui concerne la liberté de presse. Et c'est quand même inquiétant. Il y a comme une espèce de mise à mort lente de la presse indépendante à travers diverses méthodes ; soit par le harcèlement administratif, le harcèlement fiscal ou la justice qu'on utilise pour faire taire les journalistes. Et donc ce prix n'est pas véritablement une bonne nouvelle pour notre pays."

Ferdinand Ayité a été arrêté le 10 décembre 2021 après avoir accusé deux membres du gouvernement de corruption. Il a été condamné le 15 mars 2023, avec un confrère, à trois ans d'emprisonnement et trois millions de francs CFA (4.500 euros) d'amende pour "outrages envers les représentants de l'autorité publique " et "diffusion de fausses informations ". Tous deux ont fait appel de cette décision mais ont dû fuir le pays pour leur sécurité, selon l'organisation Amnesty International.