Le Japon, un an après Fukushima | International | DW | 11.03.2012
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International

Le Japon, un an après Fukushima

Un an après Fukushima, le Japon n'a toujours pas pansé ses blessures et le pays continue de payer un lourd tribut humain, économique et politique à cette catastrophe.

Un an après la catastrophe, la douleur est encore intacte

Un an après la catastrophe, la douleur est encore intacte

Un an après le séisme au cœur de l'Océan Pacifique d'une magnitude de 9 sur l'échelle de Richter, plus de 340 000 personnes vivent toujours hors de chez elles, parfois dans des conditions très précaires. Plus de 3 000 disparus empêchent les familles éprouvées de faire leur deuil et la fracture entre le gouvernement et la population japonaise n'est pas près de se combler.

Dimanche, une minute de silence a été observée dans tout le pays à 05 h 46 en temps universel, l'heure à laquelle le séisme a frappé. Puis, de nouveau le silence s'est fait 33 minutes plus tard, le moment où les vagues du tsunami de plus de 20 mètres de haut ont déferlé sur les côtes japonaises, balayant tout sur leur passage et faisant plus de 19 000 morts.

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La centrale nucléaire de Fukushima, construite sur la côte, a elle aussi été touchée. Une zone de 20 kilomètres autour de la centrale Fukushima Daiichi a été décrétée interdite à cause des rejets radioactifs provoqués par la fusion du combustible dans trois réacteurs sur six, privés de refroidissement hydraulique à la suite du passage du tsunami.

À un kilomètre de la centrale de Fukushima, des habitants de la ville évacuée d'Okuma ont été autorisés dimanche à revenir sur les lieux pour rendre hommage aux victimes. Toshio Nishizawa, le PDG de Tepco, l'exploitant de la centrale nucléaire, s'est rendu sur le site atomique ravagé. Participant à la minute de silence, il a demandé pardon pour cet accident. « Nous nous excusons auprès des habitants de la région et auprès de la société pour les troubles et inquiétudes causés », a-t-il déclaré. « Nous avons reçu de sévères critiques et nous allons corriger ce qui doit l'être », a-t-il ajouté. Accusée de chercher à limiter au minimum les dédommagements versés, la direction de Tepco a assuré dimanche ne pas vouloir fuir ses responsabilités.

A Tokyo, l'empereur Akihito, qui se remet d'un pontage coronarien, a participé à une cérémonie du souvenir diffusée à la télévision. Il a appelé son peuple à la solidarité. De son côté, le Premier ministre, Yoshihiko Noda, a précisé que le gouvernement voulait faire tout son possible pour que les citoyens n'aient plus l'impression que le traitement de l'accident et la reconstruction n'avancent pas assez vite. Dimanche, lors de la cérémonie à Tokyo, il s'est engagé : « Nous mènerons à bien la mission historique qui est la nôtre de permettre la renaissance de notre nation ».

Si les propos se veulent rassurants, de plus en plus de Japonais se montrent pourtant sceptiques quant à la capacité du pouvoir politique à faire face à cette tâche. Et le fossé qui s'est creusé depuis un an entre l'opinion publique et la classe politique et administrative, accusée d'incompétences dans la gestion de la catastrophe, n'a pas été comblé.

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« Le tremblement de terre était inévitable, parce que c'est une catastrophe naturelle, mais on ne peut pas rester calme face à ce qui s'est passé à Fukushima, parce que c'est une catastrophe humaine », a dénoncé Tomoe Suzuki, une restauratrice de 65 ans qui a manifesté avec quelque 12.000 personnes pour former une "chaîne humaine" contre le nucléaire autour du Parlement.

Il faudra environ 40 ans pour démanteler le complexe atomique situé à 220 kilomètres au nord de Tokyo. A cause de ce désastre, le pire depuis celui de Tchernobyl en 1986 en Ukraine, il ne reste plus que deux réacteurs nucléaires en service au Japon sur un parc de 54. Les unités stopées pour maintenance ou pour d'autres raisons ne peuvent être réactivées sans avoir satisfait aux tests de résistance aux séismes et tsunamis et sans le consentement des autorités locales.

Le gouvernement, qui reconnaît la possibilité de l'absence totale d'électricité d'origine nucléaire cet été, a indiqué que le gouvernement allait réévaluer les besoins pour prendre des mesures afin de combler le déficit de production.

L'économie du pays devrait retrouver dans les prochains mois le niveau qui était le sien avant la catastrophe grâce à un effort de reconstruction de 230 milliards de dollars sur une période de dix années et grâce à une coopération politique entre le gouvernement et l'opposition.

Auteur : Christophe Lascombes
Édition : Ali Farhat

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