Le déclin du trafic ferroviaire au Sénégal | Afrique | DW | 26.09.2019
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Afrique

Le déclin du trafic ferroviaire au Sénégal

La ville de Thiès était un haut lieu du chemin de fer après l'indépendance. Mais le nombre de salariés a été réduit par 20 en cinq décennies et ceux qui restent sont désœuvrés.

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Reportage à Thiès

Le chemin de fer a, après l'indépendance, connu son heure de gloire à Thiès, ville située à 70 kilomètres de Dakar. Mais depuis quelques années, c'est le déclin.

Alors que la SNCF employait près de 15.000 employés dans les années quatre-vingt, ils ne sont désormais plus que 600 salariés payés par l'entreprise Dakar-Bamako-Ferroviaire, héritière de l'ancienne SNCF.

Aujourd'hui, dans la "ville aux deux gares", on remarque le moteur d'une locomotive en marche en arrivant. Mais la machine n'est liée à aucun wagon. Le train est à l'arrêt. Dans le passé, des dizaines de trains transitaient par ici dans la même journée. "Dans les années 80, on faisait plus de cent rotations", raconte Abdoulaye Traoré, qui travaille ici depuis 1978. "A l'heure où nous sommes, si vous demandiez au chef de sécurité les numéros d'expédition et de réception des trains, il vous parlerait d'un peu moins de deux cents."

Il y a trente ans, les trains empruntaient deux axes dans la ville, d'ou son surnom de "ville aux deux gares". "Le train quittait Thiès pour partir sur Saint-Louis", se souvient Cheikh Baye Seck, chef de gare. "En même temps, un autre train quittait Thiès pour partir sur l'axe Kaolack, Tambacounda, Bamako." La gare était animée et l'argent circulait.

Privatisation et déclin 

Mais en 2003, le chemin de fer est privatisé puis l'Etat rompt le contrat de concession avec la société Transrail en 2017, officiellement pour non-respect du cahier des charges. La société Dakar-Bamako-Ferroviaire est alors créée. Objectif : faire renaître le corridor Dakar-Bamako.L'Etat s'engage alors à injecter 1.500 milliards de francs CFA. Mais à ce jour, aucun investissement n'a été débloqué.

"Depuis deux ans, il n'y a aucun train qui quitte la gare de Bel Air pour aller à la gare de Korofina. Aujourd'hui, quand on vient à Thiès, on n'entend plus le train passer", déplore Cheikh Baye Seck. Depuis 2017, le chemin de fer n'emploie que 600 personnes. Le train ne roule presque plus. "Actuellement on est là, en train de se tourner les pouces", confie Abdoulaye Traoré.. "Depuis presque deux ans, il n'y a qu'un seul autorail qui part à 6h50 du matin pour se rendre à Dakar et revenir le soir à 19h45." 

Auparavant, les travailleurs percevaient leurs salaires avant la fin du mois. Aujourd'hui, il y a des retards de salaires et la situation des employés s'est précarisée.

Mi-septembre certains confiaient ne pas avoir reçu les salaires d'août. Malgré tout les cheminots continuent à fréquenter la gare. Les techniciens guident et réparent les rares trains qui circulent encore. Ils entretiennent ainsi un maigre espoir d'entendre les trains passer ici, à nouveau.

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