La tentation du bouc émissaire | Vu d′Allemagne | DW | 13.07.2011
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Vu d'Allemagne

La tentation du bouc émissaire

La crise de la dette n'en finit plus de faire les gros titres des journaux allemands, qui s'intéressent à l'attitude des décideurs politiques européens. Il est également question de la tournée d'Angela Merkel en Afrique.

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L'Union européenne tente actuellement de finaliser un deuxième plan d'aide à la Grèce

Jusqu'à l'automne 2009, les taux d'intérêts imposés aux pays de la zone euro étaient plus ou moins identiques, explique l'économiste Stephan Schulmeister dans les colonnes de die tageszeitung. C'est alors que les acrobates de la finance ont découvert un nouveau terrain de jeu, à savoir la spéculation sur la faillite des Etats les plus faibles. Ce développement menace l'Union monétaire et, en dernier lieu, l'ensemble du projet européen et ce pour plusieurs raisons.

Deutschland EU Wirtschaft Börse Frankfurt Euro Italien-Sorgen lassen Börsenkurse einbrechen

La situation de l'Italie à la Une du quotidien économique Handelsblatt mardi

L'une de ces raisons c'est que les médias et les hommes politiques nationalistes et populistes profitent de cette crise pour assouvir leur besoin de trouver un bouc émissaire. A ce jeu-là, les Grecs fauchés ont pris la place des Turcs. En résumé : comme cela se produit au début de chaque crise importante, on constate un renforcement de la tendance à apporter des explications simplistes, à traiter les symptômes plutôt que les causes, à mépriser les autres pays, et à creuser des fossés, par exemple entre le nord et le sud de la zone euro.

Pour le Main-Post, ce dont aurait besoin la zone euro, c'est d'une politique économique et financière commune. Et cette dernière ne peut être obtenue sans une perte de souveraineté nationale. Si tous les pays de le zone portent ensemble la responsabilité de l'euro, alors ils doivent aussi mettre en place une politique commune. Une politique qui ne permettrait plus à des chefs d'Etat comme Silvio Berlusconi d'amener son pays au bord de la ruine. Même si cela peut paraître singulier dans le contexte actuel : nous avons besoin de plus d'Europe, pas le contraire.

Kenia Bundeskanzlerin Angela Merkel und Präsident Mwai Kibaki

Angela Merkel lors de sa rencontre avec le président kényan Mwai Kibaki

Il est catastrophique que certains chefs de gouvernement n'aient toujours pas réalisé l'ampleur du problème, se désole Die Welt. Juste au moment où la situation est la plus tendue, la chancelière part en Afrique. L'économie allemande profite comme aucune autre de la zone euro, mais Angela Merkel voyage au Kenya, en Angola et au Nigeria, au lieu de prendre les choses en main en Europe et de venir au secours de notre marché.

Et à propos de la tournée africaine d'Angela Merkel justement, ce commentaire du Mannheimer Morgen : la chancelière a choisi d'éviter les victimes de la faim en Somalie. Au Kenya et au Nigeria, elle se présente comme l'ambassadrice de l'économie allemande, comme elle l'avait fait récemment lors de la visite du Premier ministre chinois Wen Jiabao à Berlin. C'est pourquoi le thème des droits de l'Homme ne joue qu'un rôle secondaire. Et le journal de constater : vingt ans après la réunification, l'Allemagne est bel et bien devenu un pays comme les autres.

Auteur : Sébastien Martineau
Edition : Georges Ibrahim Tounkara

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