La RDC au Conseil de sécurité : qu’est-ce que ça change ?
2 janvier 2026
Pour certains analystes comme Justin Kamilolo de la dynamique des politologues, la Dypro, la présence de la RDC au Conseil de sécurité ne pèsera pas dans les prises de décision quant à un règlement de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC.
Selon lui, "le fait d’être membre non-permanent ne signifie absolument rien dans la mesure où beaucoup d’accords ont été signés, lesquels accords ont été du reste parrainé par les cinq membres permanents du conseil mais cela n’a pas changé la donne sur le terrain".
Il faut rester vigilant, rester calme et ne pas s’affoler du fait d’être au niveau du conseil de sécurité" met-il en garde. Justin Kamilolo conseille à la RDC de "plutôt faire avancer les choses, parler avec les grands et montrer qu’on est prêt à négocier et à faire des concessions pour faire évoluer la situation à l’Est de la République démocratique du Congo".
Une occasion à ne pas rater
Alors que l’AFC-M23 accuse le gouvernement congolais de privilégier l’option militaire comme réponse à la crise sécuritaire dans l’Est, Kinshasa affirme que les opérations des forces rwandaises dans cette partie de la RDC ont fait plus de 1.500 morts parmi les civils depuis le début du mois de décembre.
Pour le Professeur Philippe Doudou Kaganda, directeur scientifique du centre de recherche et d’étude sur les conflits et la paix dans la région des grands lacs, "la RDC devrait alors saisir l’opportunité de cette présence au Conseil de sécurité" pour mobiliser d’autres partenaires qui pourraient agir en sa faveur.
"C’est à la RDC qu’il appartiendra de pouvoir mettre à profit cette position afin d’amener finalement la communauté internationale à des actions concrètes qui vont dans le sens de toutes les résolutions qui ont été prises pour sortir de la crise, ainsi que de toutes initiatives notamment l’accord de Washington et le processus de Doha pour pouvoir ramener la paix dans l’Est de la RDC et dans la région des grands lacs"
Christian Moleka, autre analyste congolais, estime pour sa part, que cette présence au Conseil de sécurité, doit permettre de préserver la visibilité internationale de la crise congolaise.
Les membres non permanents du Conseil de sécurité ne disposent pas du droit de véto réservé plutôt aux cinq membres permanents, mais ils participent pleinement aux votes et aux négociations avec une capacité d’intervenir sur l’agenda et le contenu des textes. La RDC a occupé ce siège d’abord de 1982 à 1983, puis de 1990 à 1991. Le nouveau mandat qui vient commencer prend fin en 2027.