La justice ivoirienne s’acharne-t-elle contre Soro ? | Afrique | DW | 29.04.2020
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Afrique

La justice ivoirienne s’acharne-t-elle contre Soro ?

En Côte d’Ivoire, la condamnation, le 28 avril, de Guillaume Soro, à 20 ans de prison est perçue par son entourage comme un acharnement et un déni de justice. Le pouvoir réfute ces accusations.

Écouter l'audio 05:28

"Guillaume Soro ne pouvait pas contester les faits qui lui sont reprochés" (Maître Abdoulaye Ben Meïté)

L’ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, a été condamné à 20 ans de prison par le Tribunal correctionnel d’Abidjan. Il a été reconnu coupable de "recel de détournement de deniers publics" et de "blanchiment de capitaux" lors de l'achat de sa résidence à Abidjan en 2007. Il était alors Premier ministre d’un gouvernement d’Union nationale sous Laurent Gbagbo.

En plus de sa condamnation, l’ancien chef rebelle doit verser à l’Etat ivoirien 4,5 milliards de francs CFA d'amendes (6,8 millions d'euros) et deux milliards de francs CFA (3 millions d'euros) de dommages et intérêts. Le Tribunal correctionnel d’Abidjan a également  décidé de saisir sa maison et de le déchoir de ses droits civiques et politiques. 

Écouter l'audio 02:39

"On veut empêcher Guillaume Soro, de poursuivre son destin" (Franklin Nyamsi)

Déni de justice ? 

"Il s'agit en réalité de la mise en œuvre de la volonté d'un seul homme, Alassane Ouattara, qui est engagé dans une procédure de capture de l'Etat de Côte d'Ivoire et bien sûr de truquage à tout prix de l'élection présidentielle d'octobre 2020 qui est en vue. Il s'agit d'un procès intenté pour empêcher le candidat favori de cette élection présidentielle, Guillaume Kigbafori Soro, de poursuivre son destin", dénonce le professeur Franklin Nyamsi, conseiller spécial de Guillaume Soro. 

Nul n’est au-dessus de la loi, rétorque Joël N'guessan, membre du conseil politique du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti au pouvoir. Selon lui, "ce n'est pas parce qu’on est un homme politique qu'on doit se mettre en dehors de la justice. Comment voulez-vous qu'un individu qui n'est que prétendant à une candidature puisse  faire peur au pouvoir ? C'est vous qui lui donnez l'impression qu'il a de l'importance. Mais les Ivoiriens sont sereins. Il ne peut pas faire peur à qui que ce soit. Il peut concourir comme il veut, à condition qu'il ne traine pas de casserole."  

Écouter l'audio 04:28

"Guillaume Soro ne nous fait pas peur" (Joël N'guessan, RHDP)

Par ailleurs, les membres de l’entourage de Guillaume Soro indiquent que  la villa de Marcory (une commune huppée de la ville d’Abidjan) aurait été acquise  légalement en 2007 dans le cadre d’une opération de dédommagement engagée sous l’ancien président, Laurent Gbagbo. Plusieurs personnalités ivoiriennes en auraient bénéficié.

"Si on me dit pourquoi on ne poursuit pas les autres, cela suppose que la culpabilité de Guillaume Soro ne souffre  d'aucune contestation. Guillaume Soro n'avait pas intérêt à comparaitre parce qu’il ne pouvait pas contester les faits qui lui sont reprochés", dit de son côté Maître Abdoulaye Ben Meïté, avocat de l'Etat ivoirien. 

"Je reste candidat"

Guillaume Soro dispose de 20 jours, à compter de la date de sa condamnation, pour faire appel. Le maintien de la décision des juges va compromettre sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre prochain, même s’il a annoncé le maintien de celle-ci. "Je reste candidat à la présidentielle et je gagnerai", a-t-il déclaré  sur les réseaux sociaux. 


Le président Alassane Ouattara "qui porte aujourd'hui avec beaucoup d'aisance les habits de dictateur, soumet la justice à sa botte et commande des sentences de mise à mort politique contre ses rivaux afin de les exclure de la compétition électorale. Il incarne la pire version du dirigeant africain", a ajouté l’ancien Premier ministre qui reste poursuivi pour tentative de déstabilisation de son pays fin 2019. Un nouveau mandat d’arrêt international a d’ailleurs été délivré à son encontre. 

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