La coalition au pouvoir en RDC secouée par des tensions | Afrique | DW | 29.06.2020
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Afrique

La coalition au pouvoir en RDC secouée par des tensions

La formation politique de Joseph Kabila et celle de Félix Tshsiekedi ne s'entendent pas sur une réforme de la justice. Mais on est encore loin d'un divorce.

Les partis de Félix Tsisekedi et de Joseph Kabila se sont entendus pour gérer le pays en coalition

Les partis de Félix Tsisekedi et de Joseph Kabila se sont entendus pour gérer le pays en coalition

En République démocratique du Congo (RDC), la tension est montée d'un cran ce week-end. La coalition formée par le Font commun pour le Congo (FCC) de l’ancien président, Joseph Kabila et le Cap pour le changement (CACH) de l’actuel chef de l’Etat, Félix Tshsiekedi ne s'entendent pas sur une réforme de la justice. La brève interpellation du vice-Premier ministre, ministre de la justice et garde des Sceaux, Célestin Tunda Ya Kasende, également cadre du FCC est venue exacerber cette tension.

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En dépit de cette poussée de fièvre,  l'éventualité d'une rupture de la coalition au pouvoir n’est pas envisageable, a déclaré lundi (29.06.20) sur la DW, l’activiste et lanceur d’alerte congolais, Jean-Jacques Lumumba. Selon lui, même si cette hypothèse se concrétisait, c’est le FCC de Joseph Kabila qui risque d’en être le plus grand perdant. 

Écouter l'audio 05:52

Jean-Claude Mputu : "Le conflit entre les deux alliés a atteint un niveau jamais égalé"


Pour autant, le politologue Jean-Claude Mputu ne cache pas son inquiétude.

"Même la crise née de la révocation de Jean-Marc Kabund (le président intérimaire de l’UDPS et ancien Premier vice-président de l’Assemblée nationale) n’avait pas atteint ce point-là. Là, clairement, non seulement, il y a violation des droits, il y a instrumentalisation de la justice, mais il y a un conflit entre les deux alliés qui a atteint un niveau jamais égalé, jusqu’à présent."

Lire aussi → RDC : les raisons de la destitution de Jean-Marc Kabund 

Trois propositions de loi qui divisent

Pour Léon Mubikayi, président du groupe parlementaire UDPS et alliés à l’Assemblée nationale, ce qui envenime la situation, ce sont les propositions de lois initiées par deux éminents cadres du FCC : Aubin Minaku et Garry Sakata Moke Tawab.

Écouter l'audio 03:28

Léon Mubikayi : "Le peuple ne veut pas des trois propositions de loi"

"Ce peuple-là ne veut pas des trois propositions de loi que notre collègue Minaku (Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale de 2012 à 2019) et Sakata (Garry Sakata) ont décidé de faire passer par la force pratiquement avec l’appui du FCC (Front Commun pour le Congo). La justice sera subordonnée au ministre. Le ministre de la justice sera capable même de faire retirer certains procès. Ce qui n’est pas correct. C’est ça qui est à la base de tout ce que nous sommes en train de vivre", explique le député national. 

Appel à la retenue

Pour éviter une escalade, Papy Mantezolo, député du parti politique La Nouvelle Dynamique pour le Congo, membre de la plateforme électorale du FCC, appelle à la retenue.

Écouter l'audio 03:24

Papy Mantezolo : "Revenir en arrière, ce serait aussi catastrophique pour la RDC"

"Oui, nous sentons que tous les signaux sont au rouge. L’implosion est à craindre. Mais, je pense que l’histoire de notre pays devrait nous interpeller. Aujourd’hui, nous sommes à la veille de la date de l’indépendance, 60 ans après. Revenir en arrière, ce serait aussi catastrophique pour la RDC", redoute-il.

Le chef de l'Etat Félix Tshisekedi ne s'est pas exprimé en public sur le sujet. Mais de sources concordantes, il s'est mis en colère en apprenant que son garde des Sceaux avait transmis en cachette au parlement, les observations du gouvernement sur les trois propositions de lois qui suscitent la polémique.